Adaptations littéraires : les sorties ciné en mars

Posté le 1 mars 2010 
Catégorie films & adaptations | 8 commentaires

the ghost writerThe Ghost Writer
Cinq ans après Oliver Twist, et surtout sept ans après le magnifique et déchirant Pianiste, Polanski revient avec un nouveau film. The Ghost Writer est adapté de L’Homme de l’ombre, un thriller du romancier anglais Robert Harris. Un film qu’on ira voir, pas tant pour l’adaptation du livre qu’histoire de se mettre un Polanski sous la dent, ses productions se faisant plutôt rares (18 films en 50 ans de carrière). On retrouve Ewan McGregor dans le rôle d’un nègre embauché pour rédiger les mémoires du premier ministre britannique (interprété par Pierce Brosnan).
The Ghost Writer - sortie le 3 mars
Réalisé par Roman Polanski avec Ewan McGregor, Pierce Brosnan, Kim Cattrall.

preciousPrecious
Ce film est l’adaptation de Push, un roman de l’auteure américaine Sapphire, sorti en France en 1998. Le livre en avait séduit plus d’un, en sera-t-il de même du film réalisé par Lee Daniels ? Precious, c’est Claireece « Precious » Jones, une adolescente à qui la vie n’a pas fait de cadeau. A 16 ans, elle a déjà un enfant né des relations incestueuses avec son père, et un second en route. Elle est également obèse, abusée par sa mère, ainsi qu’analphabète… Un sujet extrêmement lourd qui sent, a priori, le mélo à plein nez. Six nominations aux oscars, notamment ceux de meilleur film et de meilleur réalisateur.
Precious - sortie le 3 mars
Réalisé par Lee Daniels avec Gabourey Sidibe, Mo’Nique, Paula Patton, Mariah Carey, Lenny Kravitz.

fleur du désertFleur du désert
Adapté du roman autobiographique de Waris Dirie, Fleur du désert retrace le parcours d’une petite fille somalienne excisée à l’âge de trois ans, selon la tradition de la tribu nomade où elle est née. Obligée de fuir son pays pour échapper à un mariage avec un homme de 50 ans son aîné, Waris se retrouve à Londres où elle deviendra mannequin puis, plus tard, ambassadrice de l’ONU sur les questions de mutilations sexuelles.
Fleur du désert - sortie le 10 mars
Réalisé par Sherry Hormann 
Avec Liya Kebede, Sally Hawkins, Timothy Spall.

les chèvres du PentagoneLes chèvres du Pentagone
Un titre loufoque, pour une comédie qui ne l’est pas moins. Grant Heslov s’est inspiré du livre du journaliste Jon Ronson pour dresser une réjouissante satire de l’armée américaine. Parmi les techniques utilisées pour neutraliser l’ennemi, les généraux US ont eu l’idée d’utiliser… les forces de l’esprit ! Une armée d’un genre nouveau capable, par exemple, de tuer une chèvre d’un simple regard. Superbe casting avec Georges Clooney et, encore, Ewan McGregor - décidemment sur tous les fronts.
Les chèvres du Pentagone - sortie le 10 mars
Réalisé par Grant Heslov avec George Clooney, Ewan McGregor, Jeff Bridges, Kevin Spacey.

Alice au pays des merveillesAlice au Pays des Merveilles
Depuis Charlie et la chocolaterie, les films de Tim Burton sont devenus extrêmement populaires. Pourtant, au risque de choquer, j’avoue être parfois nostalgique de la poésie et de la grâce qui émanaient d’un film comme Edward Scissorhands. Autant d’éléments qui semblent aujourd’hui quelque peu noyés sous l’avalanche des effets spéciaux dont use et abuse Tim Burton. Il n’empêche, on n’imaginait personne d’autre pour adapter le roman de Lewis Caroll… Un film attendu avec impatience !
Alice au pays des merveilles - sortie le 24 mars
Réalisé par Tim Burton avec Mia Wasikowska, Johnny Depp, Helena Bonham Carter.

ImmortelL’Immortel
Tiens, ça faisait au moins un mois qu’on n’avait pas vu Kad Merad à l’affiche d’un film ! Ici, tous les ingrédients sont réunis pour un matraquage médiatique en bonne et due forme : une production de Luc Besson, Richard Berry à la réalisation et deux acteurs «bankable » (Jean Reno et l’incontournable Kad Merad). L’Immortel, qui raconte l’histoire du truand Jacky le Mat (alias Charly Matteï dans le roman) est l’adaptation d’un polar de Franz-Olivier Giesbert. Le journaliste, on le sait, aime beaucoup Marseille et ses histoires de mafia. Las, n’est pas Andrea Camilleri (ou même Jean-Claude Izzo) qui veut ! On passe son tour…
L’Immortel - sortie le 24 mars
Réalisé par Richard Berry avec Jean Reno, Kad Merad, Marina Foïs.

American Darling - itinéraire d’une enfant gâtée

Posté le 22 février 2010 
Catégorie littérature anglo-saxonne | 11 commentaires

« Après bien des années où j’ai cru que je ne rêvais plus jamais de rien, j’ai rêvé de l’Afrique » : c’est avec cette première phrase emprunte de mystère et de nostalgie – qui fait partie de ces incipits qui impriment leur marque - que débute American Darling. Le dixième roman de Russel Banks est un livre impressionnant, tant par la multitude des thèmes abordés que par la complexité de son héroïne principale. Une immense fresque, miroir de la seconde moitié du vingtième siècle, dans laquelle le lecteur navigue constamment entre passé et présent, continent américain et africain.

Quelques jours seulement après avoir rêvé d’Afrique, Hannah Musgrave, 59 ans, quitte sa ferme bio des Adirondacks pour le Libéria. Avec ce retour, elle espère pouvoir enfin renouer les fils déliés de son passé. Mais alors que le lecteur s’attend à découvrir les raisons qui la poussent à retourner clandestinement au Libéria - cachée dans la soute d’un camion - l’écrivain américain fait durer le suspense. Et nous embarque dans un récit en forme de bilan. Celui d’une vie menée à l’écart des sentiers battus et dont le fil conducteur semble avoir été « la trahison et l’abandon ». Militante d’extrême gauche recherchée par le FBI, Hannah quitte les Etats-Unis pour le Libéria, abandonnant famille et êtres chers : « Je me suis simplement levée de table, je me suis tournée vers la porte, j’ai quitté mon ancienne vie et je suis entrée dans la nouvelle comme si je passais d’une pièce vide dans une autre ». Et c’est avec cette même facilité qu’elle se glisse, quelques mois plus tard, dans les habits de femme du ministre de la santé du gouvernement libérien. Une existence qui ne la satisfera qu’à moitié, mais qu’elle accepte comme si elle n’avait pas le choix. Même le lecteur bien intentionné aura du mal à éprouver de la sympathie pour cette femme à la personnalité insaisissable. Surtout quand elle affirme avoir aimé les chimpanzés dont elle s’occupe plus que ses propres enfants… Pourtant, cette mise à nu s’avère parfois touchante, ne serait-ce que parce que les non-dits semblent si nombreux.

Mais la grande réussite du roman réside dans le mélange entre histoire personnelle et histoire tout court. D’abord, celle de l’Amérique révoltée des années 60, puis celle, méconnue, du Libéria. Un pays qui fut fondé au début du XIXème siècle par des colons américains noirs récemment libérés de l’esclavage. Une politique d’aide au retour qui permettait au gouvernement américain de se débarrasser d’une frange de la population indésirable, tout en installant un point d’ancrage dans la région. Ironie de l’histoire, ces Américano-libériens ne se mélangeront jamais aux autochtones, allant même jusqu’à leur imposer le travail forcé. En se replongeant dans ses souvenirs, la narratrice fait surgir les heures les plus noires de ce petit pays d’Afrique de l’Ouest, notamment celles de la guerre civile des années 90.

Un roman dense et passionnant auquel on ne peut s’empêcher d’apporter un bémol : ni le début - beaucoup trop long - et la fin - rapidement expédiée - ne sont tout à fait satisfaisants. Mais entre les deux, 400 et quelques pages de pur bonheur !

American Darling - Russel Banks★★★★☆
American Darling
de Russel Banks
Babel, 571 pages

Ian McEwan - lune de miel à Chesil

Posté le 12 février 2010 
Catégorie littérature anglo-saxonne | 5 commentaires

Sur la plage de Chesil de Ian McEwanJuillet 1962. Florence et Edward viennent de se marier et passent leur nuit de noces dans un hôtel sur la plage de Chesil, dans le Dorset. Les deux amoureux se sont rencontrés un an plus tôt, au cours d’une réunion pour le désarmement nucléaire. Entre la passionnée de musique et l’étudiant en histoire, l’attirance a été immédiate. Après des mois de cour intensive, Edward a enfin osé demander à cette fille d’universitaires de l’épouser. Et elle a dit oui. Cette soirée marque donc le premier jour du reste de leur vie, et leur passage vers l’âge adulte, puisqu’ils vont pour la première fois passer la nuit ensemble. Et donc faire l’amour. Une perspective qui les rend terriblement nerveux et anxieux.

Florence et Edward, âgés respectivement de 21 et 22 ans, se considèrent comme de purs produits de leur époque : « Les années 60 représentaient la première décennie de leur vie d’adulte et elle leur appartenait forcément ». Pourtant, à l’aube de cette nouvelle décennie, ils portent encore en eux le poids des conventions et des inhibitions propres à l’avant-68. Evoquant en cela Jérôme et Sylvie, le couple au centre du roman de Georges Perec, Les Choses. Comme eux, ils n’ont pas grand-chose à voir avec la génération suivante, celle qui profitera de la révolution sexuelle et qui, en ce mois de juillet 62, se presse au premier concert des Rolling Stones à Londres. Alors même qu’ils entament un dîner de noces pesant de formalisme, ils rêvent de s’échapper de l’hôtel pour aller s’enivrer sur la plage. Mais ils ne le font pas : « Ils étaient donc enfin seuls, et libres, en théorie, de faire tout ce qu’ils voulaient, mais ils continuèrent de manger ce dîner pour lequel ils n’avaient aucun appétit ».

Sur la plage de Chesil est néanmoins bien plus que le portrait d’une époque. Ian McEwan nous plonge au cœur du vortex d’émotions qui submerge les deux personnages, alors que la fin du dîner - et le moment tant attendu par Edward - se rapproche. De son côté Florence est assaillie de doutes et cède à la panique face à la peur qui l’étreint. Avec une précision quasi chirurgicale, l’écrivain britannique dissèque ce qui se passe dans la tête des jeunes époux. Il fait durer le suspense avec des flashbacks, alternant entre le présent (le dîner) et le passé (leur enfance, leurs études, leur rencontre). Une étude introspective troublante qui met des mots sur des sentiments diffus, et qui montre comment une simple réaction d’orgueil peut faire basculer le cours d’une vie, sans même que l’on s’en rende compte : « Voilà comment on peut radicalement changer le cours d’une vie : en ne faisant rien ».

L’écriture de McEwan est précise, pleine de finesse et les nombreuses références à la nature - ici, le bruit du ressac, là, le chant d’un perroquet – amènent un peu de poésie dans ce superbe roman emprunt de tristesse et de nostalgie, comme le ciel brumeux d’un matin anglais…

D’autres avis sur ce livre : In cold blog et Amanda

Sur la plage de Chesil
★★★★☆
de Ian McEwan
Folio, 178 pages.

Dexter saison 4

Posté le 7 février 2010 
Catégorie séries | 9 commentaires

Dexter saison 4Qu’elles semblent loin les premières saisons de Dexter, celles où l’on découvrait, presque avec surprise, que notre cœur de spectatrice pouvait vibrer pour un héros aussi sombre. C’était l’époque où Dexter Morgan, officier de la crim’ de Miami et serial killer, recelait encore une part de mystère. Epoque désormais révolue puisque cette saison 4 offre douze épisodes en demi-teinte, alternant le bon et le moins bon.

Commençons par les déceptions. Il fallait sans doute s’y attendre, mais une série qui repose sur un concept aussi fort ne pouvait, à terme, que perdre en intensité. Et c’est cette saison 4, pourtant loin d’être la plus faible du lot, qui en révèle les limites. Car si elle offre enfin à Dexter un adversaire à sa mesure, elle banalise le serial killer au point de le rendre aussi dérangeant qu’un… docteur House, par exemple. Notre serial killer préféré (interprété par Michael C. Hall) est désormais un héros de série lambda, et ses ambigüités, pour intéressantes qu’elles soient, ne suffisent plus à pousser le spectateur dans ses retranchements. Certes, Dexter reste un personnage aux multiples visages – bien obligé vu le dark passenger qu’il trimballe sur le siège avant de son existence. Mais c’est le père de famille qui est cette année mis en avant, le serial killer étant, lui, relégué au second plan. Preuve en est le petit nombre de criminels qui finit sur sa table à découper. Non pas que l’on soit particulièrement fan des mises à mort, mais ces scènes-là ont le mérite de montrer à quel genre de personnage on a affaire. Le générique détourné dans le premier épisode résume à lui seul une bonne partie de la saison : ce n’est pas Dexter, portrait of a serial killer mais desperate Dexter. Et donc, comme dans toute banlieue américaine, on s’ennuie tranquillement et on tourne en rond.

Au rayon des réussites, il y a évidemment le Trinity Killer : une sorte de double de Dexter, en mieux ou en pire selon où on se place. Un être vicieux, pervers et particulièrement flippant (génial John Lithgow), vers lequel Dexter se tourne pour tenter d’apporter des réponses à sa propre vie. Comme il l’avait fait dans la saison 3 avec Miguel Prado. Cette recherche d’une figure paternelle qui lui permettrait de s’affranchir du code de Harry est bien sûr au cœur de la série, et devrait continuer à l’être l’an prochain. Le Trinity killer sauve la saison, charriant néanmoins avec lui les incohérences habituelles, fruit d’intrigues ficelées à l’arrache – malheureusement la marque de fabrique de Dexter.

Alors que l’on pensait l’avenir de la série un rien compromis, voilà que l’épisode final vient soudain relancer notre intérêt. Et pose la question de cette saison 4 : transition ou fin de cycle ? Seule la saison 5 le dira…
Ca va être long !

Dexter saison 4
★★★☆☆
Créé par James Manos Jr
Avec Michael C. Hall, John Lithgow, Julie Benz, Jennifer Carpenter…
12 épisodes.

Bureaux d’écrivains : les photos de Jill Krementz

Posté le 1 février 2010 
Catégorie bureaux d'écrivains | 4 commentaires

Cela faisait longtemps que je n’avais pas fait un billet sur les bureaux d’écrivains, et en découvrant les photos de Jill Krementz, j’ai immédiatement été séduite par ses portraits en noir et blanc d’écrivains assis à leur table de travail. A l’inverse des images bien connues d’un Hemingway derrière son bureau ou d’une Beauvoir le stylo à la main, les clichés de la photographe américaine ne donnent pas le sentiment d’une mise en scène. L’écriture étant une activité solitaire par excellence, ce sont des hommes et des femmes face à eux-mêmes que montrent les photos de Krementz. On se demande d’ailleurs combien de temps il lui a fallu pour réussir à se glisser dans l’intimité de ces écrivains, et leur faire oublier sa présence. Le plus étonnant, c’est que Krementz ne se considère pas comme une photographe mais plutôt comme une écologiste dont le travail est de photographier les êtres - en l’occurrence souvent des auteurs - dans leur environnement naturel. En veillant justement à ne jamais violer leur intimité. Et elle ne sort son appareil que pour ceux qu’elle admire, ce qui explique, entre autres, la douceur qui émane de certaines de ces images.

George Plimpton

Krementz, qui fut mariée à Kurt Vonnegut, a tiré le portrait de nombreux écrivains durant sa carrière, parmi lesquels Saul Bellow, Tennessee Williams, Tom Wolfe ou Toni Morrison et Stephen King. Ces photos sont extraites d’un livre publié en 1997, The writer’s desk, qui fait apparemment l’objet d’un certain culte parmi les passionnés de littérature. Je n’ai malheureusement pas réussi à trouver tous les portraits contenus dans ce recueil, mais en voici quelques uns, celui de l’écrivain Georges Plimpton (ci-dessus) étant un de mes préférés.

John Updike

Stephen King

E.B. White and Dorothy West

Ecrivains de haut en bas : George Plimpton, John Updike, Stephen King, E.B White, Dorothy West.
Crédit photo : Jill Krementz.

Pour d’autres photos de Krementz, notamment celles présentées lors de l’exposition Writers Unbound, c’est ici.

Adaptations de roman au cinéma : les sorties du mois de février

Posté le 29 janvier 2010 
Catégorie films & adaptations | 5 commentaires

 Poster Sherlock HolmesSherlock Holmes
On se souvient des excellents Arnaques, crimes et botanique et Snatch, sortis respectivement en 1998 et 2000. Depuis, Guy Ritchie n’a fait que des mauvais films - aucun rapport de cause à effet avec son mariage avec Madonna, …quoique. Laissons donc une chance à son Sherlock Holmes, adapté non pas de Conan Doyle mais d’un comic book de Lionel Wigram. Dans le rôle d’un Holmes particulièrement dépravé, on retrouve Robert Downey Jr, et dans celui du fidèle compagnon Watson, Jude Law.
Réalisé par Guy Ritchie avec Robert Downey Jr et Jude Law - Sortie le 3 février 2010.

poster disgraceDisgrace
Adapté du roman éponyme de l’écrivain sud-africain JM Coetzee (prix Nobel de littérature 2003), le film raconte la disgrâce d’un professeur de poésie à l’université du Cap, obligé de démissionner après avoir couché avec l’une de ses élèves. David Lurie, interprété par John Malkovitch, part retrouver sa fille dans une région où les Blancs sont désormais minoritaires. Des paysages somptueux et une plongée dans la société sud-africaine post-apartheid.
Réalisé par Steve Jacobs avec John Malkovich, Eriq Ebouaney, Jessica Haines… - Sortie le 3 février 2010.

poster shutter islandShutter Island
Le film le plus attendu de ce début d’année. Qui mieux que ce vieux loup de Scorcese pour donner vie au polar glauque et humide de Dennis Lehane ? Personne, évidemment.
L’histoire, en deux mots : par une froide matinée de 1954, deux agents fédéraux débarquent sur Shutter Island, une île qui a été transformée en hôpital psychiatrique, afin d’enquêter sur la mystérieuse disparition de l’une des patientes. Je ne rate jamais un Scorcese, celui-ci ne fera pas exception à la règle. Et pour une fois, j’ai lu le livre avant…
Réalisé par Martin Scorcese avec Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley, Michelle Williams - Sortie le 24 février 2010.

poster une éducationUne éducation
C’est Nick Hornby qui a écrit le scénario du film, adapté des mémoires de Lynn Barber, une grande figure du journalisme anglais. Début des années 60, Jenny, seize ans, s’apprête à faire son entrée à Oxford, mais sa rencontre avec un homme deux fois plus âgé qu’elle va remettre en cause sa perception de la vie et son avenir tout tracé…
Un film qui figure dans le top 10 des meilleures productions de 2009 pour Quentin Tarantino…
Réalisé par Lone Scherfig avec Carey Mulligan, Peter Sarsgaard, Olivia Williams… - Sortie le 24 février 2010.

Et aussi Une exécution ordinaire dont la sortie est prévue le 3 février. Ce n’est pas la première fois qu’un livre de Marc Dugain est adapté au cinéma - on se souvient de la Chambre des Officiers, adapté en 1991 par François Dupeyron. Mais, cette fois-ci, l’écrivain passe derrière la caméra et s’attaque à la réalisation de son roman sorti en 2008.

Junot Díaz - un roman grave et merveilleux

Posté le 25 janvier 2010 
Catégorie coups de coeur, littérature anglo-saxonne | 5 commentaires

couverture Junot DiazDans La brève et merveilleuse vie d’Oscar Wao, l’écrivain américain Junot Díaz nous plonge dans une grande fresque familiale entre le New Jersey et la République Dominicaine. Son héros Oscar est un geek intello, obèse et solitaire, qui se réfugie dans des mondes imaginaires pour éviter d’affronter la réalité. Un passionné de SF et de fantasy, qui a l’ambition d’être le nouveau Tolkien. Bref, un antihéros jusqu’au bout des ongles, dont la vie, en dépit de ce que le titre laisse entendre, n’est pas du tout merveilleuse. La faute au fukú, une malédiction qui, selon la légende, aurait été amenée dans le Nouveau Monde par les premiers esclaves. Comme tous les immigrés d’origine dominicaine, la famille Cabral croit dur comme au fer au fukú. Et Oscar plus que quiconque, ne serait-ce que parce que sa propre vie est un vaste champ de ruines.

C’est par la voix de Yunior, le narrateur, que l’on découvre l’histoire peu banale des Cabral. En remontant aux origines du fukú qui a frappé la famille, on suit Oscar de l’adolescence jusqu’à ses années de fac ; Lola, sa sœur, pendant sa période punk ; la mère Beli, la première à s’exiler aux Etats-Unis. Et enfin Abelard, l’ancêtre, celui par qui le fukú est arrivé, à cause d’une phrase malheureuse prononcée en présence de Trujillo, le dictateur qui a mis le pays à feu et à sang pendant trente ans.

Au delà de cette saga haute en couleur, c’est l’histoire de la dictature qui a marqué la République dominicaine au fer rouge que relate Díaz. En creux, il esquisse le destin des immigrés dominicains écartelés entre leur pays d’adoption et leur pays d’origine. Si les personnages sont effectivement bigarrés et attachants, la force de ce roman réside dans son écriture. Dans un style fluide, Diaz mêle habilement l’anglais et l’espagnol pour créer un langage - du spanglish quoi - qui n’appartient qu’à lui. Un patchwork jubilatoire entre les deux langues, agrémenté ici et là de mots d’argots. On se demande alors à quoi peut bien ressembler un roman de Diaz en VO, et on est du même coup sacrément admiratif du travail effectué par Laurence Viallet, la traductrice.

Un style réjouissant qui ne laisse aucune place au pathos, bien que la chronique du régime de Trujillo s’y prête fortement. Mais Junot Díaz n’est pas un écrivain qui se prend au sérieux. Il instaure une certaine distance avec un sujet qui, on le sait, lui tient pourtant à cœur (il est lui même d’origine dominicaine). Et aborde les questions les plus douloureuses avec humour et désinvolture. A very elegant writer, en somme.


Extrait :

« Comme Superman dans Batman : Le Retour, qui puise dans une jungle entière l’énergie photonique dont il a besoin pour survivre à l’explosion d’une tête nucléaire, notre Beli puisa dans sa colère la solution à sa propre survie. Autrement dit son coraje lui sauva la vie. »

Ce roman a obtenu le prix Pulitzer 2008.

A lire l’avis plus mitigé de Blue Grey

La brève et merveilleuse vie d’Oscar Wao
de Junot Díaz
éditions Plon, 294 pages
★★★★½

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