Bilan : rentrée littéraire 2007 (part 1)
Posté le 28 novembre 2007
Catégorie rentrée littéraire
La saison des prix littéraires s’est achevée avec l’attribution du prix Interallié à Birmane de Christophe Ono Dit Biot. Conclusion : un grand gagnant - les éditions Gallimard, une seule femme récompensée - Amélie Nothomb (prix de Flore) et quelques polémiques ici et là.
Et les livres dans tout çà ?
Pour la première fois cette année, j’ai lu un certain nombre des romans parus lors de cette rentrée littéraire. Petit tour d’horizon…
A l’abri de rien
Olivier Adam
Editions de l’Olivier, 18€

Dans A l’abri de rien, Olivier Adam nous entraîne à Sangatte, là où en 2002 Sarkozy et Blair ont fermé en grandes pompes un centre d’accueil de réfugiés.
Le centre n’existe plus mais des réfugiés kurdes, pakistanais, afghans, éthiopiens, iraniens ou irakiens continuent d’affluer à Sangatte. Sans lieu d’accueil, ils errent dans la ville, vivent de la soupe populaire et c’est tout. Ils dorment sur les plages ou le bitume, été comme hiver, attendant le jour où un passeur leur soutirera 1000 euros pour traverser la Manche et rejoindre l’Angleterre encastrés sous un camion.
Dans cette région sinistrée les gens simples ont eux aussi une vie dure et Olivier Adam nous raconte l’histoire poignante de Marie, jeune mère de famille désemparée, qui peu à peu délaisse sa famille pour venir en aide à ces réfugiés clandestins.
L’écriture est simple et brute à la fois. Le destin brisé de ces réfugiés arrivés en Europe plein d’espoir est magnifiquement évoqué par Adam. Par contre, le mal être de Marie ne m’a pas vraiment ému. Je n’ai pas ressenti d’empathie pour elle et j’ai trouvé son personnage agaçant, voire exaspérant.
Qui se souvient de David Foenkinos ?
David Foenkinos
Gallimard, 16,90€

Qui se souvient de David Foenkinos ? est l’histoire d’un écrivain, David Foenkinos, qui après avoir connu un certain succès littéraire devient un total has been dont même la propre femme ne supporte plus le décalage. David Foenkinos l’écrivain du livre attend donc qu’une idée géniale de roman surgisse et le propulse à nouveau dans le cercle des écrivains qu’on reconnaît dans la rue et que les femmes trouvent sexy.
Dans un train Paris Genève, l’idée géniale surgit enfin, mais de retour chez lui au moment de la coucher sur le papier c’est le néant.
C’est un livre facile à lire, le personnage de Foenkinos est emminement sympathique, d’autant plus qu’amis et famille se détournent de lui, le succès n’étant plus au rendez vous. Cependant aux deux tiers du livre l’histoire devient un peu trop abracadabrantesque à mon goût et j’ai commencé à m’ennuyer.
Je m’appelle François
Charles Dantzig
Grasset, 18,90€

C’est une histoire à la Rocancourt, ce français qui a séduit et arnaqué le tout Hollywood dans les années 90. Dans le roman de Dantzig, le séducteur s’appelle François Darré, vient de Tarbes et montre très tôt une propension à embellir la réalité. Il quitte Tarbes pour Paris, se fait passer pour un fils de bourgeois, arnaquant et flouant de quelques milliers de francs ses victimes. A Hollywood, il est François Depardieu, le neveu de Gérard, et côtoie les stars du cinéma.
Prison, meurtre, rédemption médiatique, ce roman est un véritable concentré de notre monde moderne en ce début de siècle. Un livre émouvant aussi, parce que l’histoire de ce garçon né dans la mauvaise famille est celle d’un individu qui ment pour être meilleur.
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