¡Viva Cuba Libre!

Posté le 26 novembre 2007 
Catégorie essais & documents

Castro, l’infidèle de Serge Raffy

Des milliers de Cubains ont été emprisonnés dans les geôles castristes, des milliers d’autres sont exilés, réfugiés aux Etats-Unis en attendant le retour de la démocratie. Pourtant, dans les années 60, le régime cubain a beaucoup fait fantasmer la gauche et l’extrême gauche. Alors, Fidel Castro a-t-il toujours été le dictateur que l’on connaît aujourd’hui ?
A la lecture de ce livre la réponse est, hélas, 100 fois oui.

La démocratie sous Castro n’a duré qu’un mois ! Après la chute de Batista, l’armée rebelle, réfugiée dans la sierra Maestra, entre triomphalement à La Havane, le 7 janvier 1959, avec à sa tête, Fidel Castro et les barbudos Camilo Cienfuegos et Huber Matos.
Cependant, dès le mois de février, Fidel dissout l’assemblée nationale et se nomme lui-même premier ministre. La dictature est en marche et elle sera sans pitié pour tout ceux qui l’ont aidé à prendre le pouvoir.
En octobre, l’avion de Camilo Cienfuegos n’arrivera jamais à destination : il est abattu par… erreur. Quant à Huber Matos, il est condamné à 20 ans de prison et reste, à ce jour, le dernier cubain à avoir pu s’exprimer librement devant un tribunal.

 

On apprend aussi que le Comandante était membre du réseau Caraibes, un organisme secret créé par le KGB. Destiné à propager le communisme dans toute l’Amérique latine, il compte parmi ses membres des activistes de toutes sortes qui ont pour mission d’organiser des manifestations, des assassinats politiques, des grèves ou des soulèvements populaires afin de déstabiliser le régime en place.

Le style de Raffy est foisonnant, les anecdotes loufoques (notamment le voyage aux Etats Unis) succèdent aux épisodes les plus noirs de l’histoire cubaine (la rafle d’Escambray), et Fidel est un personnage hors normes.

En défaveur de l’ouvrage de Raffy, cependant, trop de partis pris et pas mal de raccourcis. Ainsi, toute l’enfance de Castro est racontée à l’aune du dictateur qu’il est devenu. L’auteur nous explique que le petit Fidel était un monstre en puissance parce qu’il aimait disséquer des… lézards ! De même, tous les aspects ‘positifs’ du régime sont complètement occultés, notamment la politique en matière d’éducation et de santé.
Un livre à sens unique donc, mais à lire pour ouvrir les yeux sur le plus vieux dictateur du monde.

Castro, l’infidèle.
Serge Raffy
Le livre de Poche
699 pages

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