Narco Show

Dans la peau d’un narco
Olivier Jourdan Roulot et Marc Fiévet
Hugo Doc, 19€

C’est l’histoire d’un type qui rêve d’aventures et qui un jour décide de prendre le large avec femme et enfants pour une année sabbatique sur les mers. Echoué sur le rocher de Gilbratar, les finances à sec, il est recruté par des agents du gouvernement français comme aviseur des douanes.
Au fil des ans, il devient le meilleur d’entre eux : son action permet la saisie de centaines de kilos de cocaïne et d’héroïne en quelques 7 ans de service. Hélas, dans ce monde de faux-semblants, Marc Fiévet ne fait pas le poids. Arrêté au Canada, il est lâché par l’administration des douanes qui ne le reconnaît pas comme l’un des siens, et il est condamné à 11 ans de prison.

Dans la peau d’un narco n’est pas un roman mais une histoire vraie racontée de manière haletante, à la manière d’un polar, par le journaliste OJR. Le parcours hors normes de Fiévet nous plonge au coeur des réseaux maffieux italiens, des organisations terroristes internationales et des méandres de la haute fonction publique d’Etat, et raconte, au final, l’histoire d’un homme qui a fait 11 ans de prison pour un crime qu’il n’a pas commis.

Pour en savoir un peu plus j’ai posé 3 petites questions à l’auteur :

A la lecture du livre on a parfois des doutes sur la véracité de toute cette histoire. Fiévet a-t-il été un narco, a-t-il failli le devenir ? On a quand même le sentiment qu’il n’est pas passé loin…

Le rôle est forcement dans l’ambiguïté à partir du moment où l’on accepte de le tenir et qu’on accepte la règle du jeu. A certains moments Marc Fiévet lui même ne savait plus où il était… Je pense que lorsque la situation était contrôlable son camp était clairement choisi, mais quand les choses deviennent plus compliquées, malgré soi, et que l’histoire s’emballe, c’est la situation qui domine.
Tu suis l’ex aviseur depuis un an environ. Penses-tu que le combat qu’il mène pour la réhabilitation de ses droits ait une chance d’aboutir ?
A vrai dire, je doute, parce que les Etats ne sont pas connus pour reconnaître leurs fautes ou manquements. Il y a une sorte de rigidité de l’Etat dans son bon droit, même quand il a éventuellement fauté. Mais, il y a aussi de très rares cas d’individus qui ont réussi à faire plier cette machine à force de ténacité.
Tu as réalisé l’an dernier «Guerre et Thon » pour Strip Tease qui mettait en scène un syndicaliste marseillais, tu suis aujourd’hui Marc Fiévet dans le cadre d’un documentaire, y a t-il un point commun entre ces 2 personnages ?
Ils sont dans une forme de radicalité, chacun à leur façon. Ce qu’ils sont en train de vivre est tout sauf lisse et la situation qu’ils doivent gérer est très compliquée, voire explosive. Ils ont la corde au cou, un peu comme un condamné qui s’apprête à monter à la potence.

Bilan : rentrée littéraire 2007 (part 2)

Cendrillon
Eric Reinhardt
Editions Stock, 24€

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Une bonne dose de Martin Amis, un soupçon de Bret Easton Ellis, une pincée de Houellebecq, et hop, voilà Cendrillon, le dernier roman d’Eric Reinhardt !
En France, ce roman a été salué par la critique comme le livre monde par excellence, la bombe de la rentrée littéraire 2007. Personnellement, le livre de Reinhardt m’a laissé une impression de déjà lu car il s’approprie un style littéraire anglo-saxon, l’anticipation sociale, sans réellement apporter quelque chose de neuf.

Le point de départ, on le trouve sur la 4ème de couverture, avec cette simple phrase : « que serais-je devenu si je n’avais pas rencontré Margot à 23 ans ? ». Donc, tout au long de ces 580 pages, Eric Reinhardt nous explique qui il aurait pu devenir : un trader, un obsédé sexuel ou un paumé aux pulsions meurtrières. C’est l’idée fondatrice du livre mais bizarrement on ne croit pas à ce postulat de départ.
Eric Reinhardt se met lui-même en scène au milieu de ces loosers : un écrivain raffiné qui passe ses journées à la terrasse d’un bar à réfléchir. Il écrit dans une chambre de bonne et punaise au mur les critiques élogieuses de ses livres ; il a deux amis, un chorégraphe et un architecte, il n’aime pas la gauche - son précédent roman a été étripé sur France Culture. Et, pour tout dire, tout cela est un peu ennuyeux.

En fait, les 4 histoires n’ont pas vraiment de lien entre elles. J’ai bien aimé le parcours du trader Laurent Dhal et le décryptage des mécanismes de fonctionnement de la finance internationale, mais les autres personnages ne sont pas aussi creusés, l’un d’eux disparaît d’ailleurs pendant 300 pages.
Au final, il y a quand même de très belles pages dans le roman de Reinhardt, notamment sur l’amour, sur Margot sa femme ou l’automne (sa saison préférée), mais il reste comme un goût d’inachevé.

Ni d’Eve ni d’Adam
Amélie Nothomb
Albin Michel, 17,90€

Amélie Nothomb figure régulièrement en tête des baromètres des meilleures ventes de livres et chaque rentrée littéraire voit la publication du nouveau Nothomb.
Ce dernier opus se déroule à la même époque que Stupeur et Tremblements qui racontait l’expérience d’Amélie Nothomb dans le monde de l’entreprise japonaise. L’auteur retourne dans ce Japon qu’elle a quitté enfant pour y faire ses études et rencontre Rinri, un japonais fils de bonne famille.

D’une écriture directe et alerte, Nothomb raconte son histoire d’amour avec Rinri, mais aussi son histoire d’amour avec le Japon.
Avec humour elle retrace la passion japonaise pour les mallettes portatives de fondue suisse, les délices culinaires nippons qu’elle affectionne et la tradition ancestrale de l’ascension du mont Fuji que chaque japonais doit gravir au moins une fois dans sa vie.

Ce n’est pas stéréotypé, c’est parfois assez touchant et souvent très drôle.

Ce roman a obtenu le prix de Flore 2007. Un prix censé récompenser un auteur apportant du sang neuf dans le paysage littéraire français…
Mais bon, pourquoi pas…La liste de tous les prix littéraires décernés cette année, c’est ici.

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