L’apocalypse capitonnée !

Millenium people
de J-G. Ballard
Folio

millenium-people.jpgAu cours de l’enquête sur la mort de son ex-femme dans un attentat terroriste, le Dr David Markham infiltre un groupe clandestin d’un genre nouveau. Ses membres, middle class, issus d’un quartier résidentiel de Londres prônent l’interdiction du tourisme ou du commerce et veulent carrément en finir avec le XXème siècle.
Ces familles installées dans la Marina de Chelsea, symbole de la réussite des années Thatcher, se considèrent comme les nouveaux pauvres de notre société d’abondance. Ils roulent en 4×4, envoient leurs enfants dans les public schools (écoles privées aux frais d’inscription mirobolants) et, pourtant, se sentent asservis par le système.
Ces paradoxes donnent lieu à des scènes cocasses : refus de payer les frais de stationnement, chapardage dans les épiceries fines de Kings Road, maculages des bulletins de vote lors d’élections locales.
Ils semblent prêts à basculer dans la violence pour changer le monde alors qu’ils ont toujours vécu dans l’aisance. Alors, l’apocalypse oui, mais capitonnée !

Les rock’n books de Jean-François Bizot

Journaliste, écrivain, patron de presse, entrepreneur et fêtard extraordinaire, Jean-François Bizot, décédé en septembre 2007, était aussi l’auteur de livres sur la contre-culture et la culture rock. Petit retour en arrière sur quelques uns des ouvrages publiés par le fondateur d’Actuel et de Radio Nova

bizot.jpgAlain Dister et JFBizot après 3 ans en Californie ! (photo Bernard Plossu)

new-wave.jpgAvec une centaine d’articles, un millier d’illustrations, Bizot présente la New Wave est la véritable bible des années 80, retracées ici sous toutes leurs facettes (mode, musique, design, architecture, art, BD, séries télés…).
Une période dont Keith Haring (qui réalisa ses premiers dessins sur les panneaux du métro new yorkais en 1980), Klaus Nomi (chanteur d’opéra post punk), Kraftwerk (groupe précurseur de l’électro) ou New Order (né des cendres de Joy Division) sont parmi les artistes les plus emblématiques.
Plus qu’une compilation, cet ouvrage restitue l’énergie et la créativité de la dernière décennie avant le politiquement correct.
Bizot présente la New Wave
de Mariel Primois et Jean Rouzaud
Editions du Panama
286 pages, 45€

 underground.jpgUnderground : l’histoire est un foisonnement d’images et de textes, de collages, de photomontages, d’illustrations psychédéliques, de notes manuscrites, de lettres écrites sur des cahiers à carreaux, de unes de magazines, d’extraits d’interviews, de comics, de photos, de pochette de disques, de couvertures de livres.
La mise en page est carrément bordélique mais l’avantage c’est que cela permet de feuilleter ce livre un peu au hasard.
Underground retrace l’histoire des freaks, des provos, des Diggers, des hippies, des babas, des routards, des beatniks, des maos, des communautés, des utopies urbaines, de la libération sexuelle, du LSD, des gourous, des happenings, des premiers technos, des festivals, des guerres de libération, des guerillas, des radios pirates, du théâtre de rue, du féminisme, des drags queens, du punk, d’Actuel, de Bizot et de la fin de l’underground. Toute une époque, quoi !
Underground : l’histoire
de Jean-françois Bizot
Editions Denoel
340 pages, 30€

free-press.jpgFree Press : La contre-culture vue par la presse underground, paru en 2006, présente les plus belles affiches et couvertures des magazines et fanzines de l’Underground Press Syndicate. Le format et l’impression sont magnifiques : une couverture cartonnée épaisse, de très belles planches en couleur, les visuels psychédéliques de l’International Times ou des premiers numéros d’Actuel. Un livre pour graphistes insolents et survoltés… et les autres aussi !
Free Press : La contre-culture vue par la presse underground
de Jean-François Bizot
Editions du Panama
255 pages, 40€

Sur Jean-François Bizot :
-Citizen Bizot, mort à 126 ans : très bon portrait (et excellent titre) paru dans Libération, par 2 anciens d’Actuel, Léon Mercadet et Patrice Van Eersel.
-Les Bizoteries : extraits d’émissions de radio, vidéos de passages télé, extraits de presse, livre d’or.

Hello, Coupland ?

C’est avec Generation X, le roman culte des années 90, que j’ai découvert Douglas Coupland, devenu au fil des ans un de mes auteurs préférés, au même titre que Martin Amis ou Bret Easton Ellis.
J’aime particulièrement ce mélange de désenchantement et d’humour qui est sa marque de fabrique. Le ton est à la fois drôle, tragique, absurde et léger. Tout ça en même temps, vraiment !

Roman à quatre voix, Hey, Nostradamus ! raconte l’histoire d’un homme, Jason. Cheryl, une jeune lycéenne, est la première à parler. Elle raconte son mariage secret avec Jason et surtout sa propre mort au cours d’une fusillade dans la cafétéria du lycée. Le début du roman fait forcément penser au film Elephant de Gus Van Sant (sur la tuerie au lycée de Colombine en 1999, au cours de laquelle deux élèves ont abattu 12 de leurs camarades et un professeur). C’est ensuite au tour de Jason qui, 10 ans plus tard, tente toujours de faire face au drame qu’il a vécu. Puis viennent Heather une petite amie de Jason qui tente de l’aider, et Reg, son père, qui ne sera finalement pas le salaud qu’il semblait être au début du livre.

Je vous recommande fortement ce livre. Coupland est un écrivain vraiment original : ses romans démarrent souvent par un événement extraordinaire (une fusillade dans le cas présent, ou un voyage spatial dans Toutes les familles sont psychotiques). Un procédé qui permet à l’auteur de raconter le monde dans lequel nous vivons et de lui donner un sens. Du coup, ses descriptions de la vie quotidienne de nos sociétés modernes sont particulièrement réussies. Et ses personnages, même s’ils sont déjantés, nous touchent au plus profond car leur histoire pourrait, les circonstances aidant, être la notre.

coupland1.jpg

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