Mansfield Park de Jane Austen
Posté le 7 février 2008
Catégorie modernes classiques
Pour : une héroïne droite et honnête
Contre : un début laborieux, une fin trop manichéenne et pas assez développée
Mansfield Park est le quatrième roman de Jane Austen (après Orgueil et Préjugés, Raison et Sentiments et Persuasion) que je lis, mais c’est surtout le premier que je n’ai pas vraiment apprécié. Bon, apparemment, je ne suis pas la seule puisqu’il s’agirait en fait du livre que les lecteurs de l’écrivain britannique aiment le plus critiquer. Et, en effet, il ne contient pas les ingrédients qui font d’ordinaire son succès, à savoir une héroïne vive, gaie, avec un sens aigu de la répartie, un héros masculin ténébreux et romantique, des études de caractère poussées.
Mansfield Park est d’abord un énorme pavé dans lequel il est très difficile de rentrer (oui, il faut s’accrocher pendant 200 pages). Un mot sur l’intrigue : Fanny Price a 10 ans lorsqu’elle quitte sa famille pour aller vivre chez son oncle et sa tante à Mansfield Park. Timide, effacée, manquant de confiance en elle, Fanny est traitée durement par sa tante et délaissée par ses cousines. Seul son cousin Edmond s’occupe d’elle. Deux nouveaux arrivants, Henry et Mary Crawford, vont semer le trouble dans le cœur et les esprits de cette petite communauté. Les 2 cousines de Fanny se disputent l’attention d’Henry Crawford et Edmond tombe sous le charme de Marie, sa sœur.
Ce n’est qu’après le départ de ses cousines que l’intrigue se concentre sur Fanny. Henry Crawford décide au départ de la séduire par défi, puis il est pris à son propre piège et tombe réellement amoureux. Fanny, elle, n’a d’yeux que pour son cousin et va même jusqu’à refuser la demande en mariage d’Henry - ce qui n’est pas du tout dans les mœurs de l’époque, où la situation financière d’une femme détermine le type de mariage qu’elle peut faire.
Certains passages sont vraiment trop longs. Ainsi, par exemple, de la pièce de théâtre organisée par les résidents de Mansfied Park, qui ne verra d’ailleurs pas le jour, considérée comme obscène par Sir Thomas : même en se remettant dans le contexte de l’époque on a du mal à comprendre où se situe vraiment le problème. Ensuite, il y a Fanny Price qui ne ressemble en rien aux héroïnes habituelles de Jane Austen. A l’inverse de Lizzie dans Orgueil et Préjugés, Fanny manque d’envergure et d’enthousiasme et on peine à s’attacher à son personnage. De plus, beaucoup de considérations morales émaillent le récit et la fin très manichéenne (les bons trouvent le bonheur et les méchants sombrent dans la honte) semble trop précipitée.
Mansfield Park
de Jane Austen
510 pages
Editions 10/18
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