L’année du Castor

Posté le 18 mars 2008 
Catégorie modernes classiques

Beauvoir au Flore2008 est l’année Beauvoir. En effet, on célèbre cette année le centenaire de sa naissance. La presse s’en est déjà largement faite l’écho, notamment le Nouvel Obs avec sa fameuse couverture, que certain(e)s ont trouvé scandaleuse. Personnellement, cet emballement médiatique m’a donné envie de relire cet écrivain que j’aime beaucoup.

Au lendemain de la guerre, le monde est divisé en deux camps. Les intellectuels de gauche qui ont combattu le fascisme s’interrogent sur l’engagement et l’action politique qu’ils vont désormais mener. Pour ne pas laisser l’Europe aux mains des américains, certains deviennent membres du parti communiste, d’autres cherchent une voie entre le gaullisme et le communisme. C’est le cas d’Henri Perron, romancier, ancien résistant et journaliste à L’Espoir, de Robert Dubreuilh, fondateur d’un parti politique et écrivain, et de sa femme Anne, psychanalyste.

Les Mandarins est une évocation brillante de ces années là. Le journal de la résistance doit-il devenir celui d’un mouvement politique, faut-il s’allier avec le parti communiste, peut-on parler des camps soviétiques sans faire le jeu des Etats-Unis, le socialisme triomphera-t-il un jour… Autant de questions qui paraissent aujourd’hui d’un autre âge, mais pour lesquelles on se passionne dans Les Mandarins.
Le roman alterne deux visions, celle d’Henri et celle d’Anne, qui va vivre une grande histoire d’amour avec un écrivain américain, sans pour autant quitter son mari.

A sa sortie, Les Mandarins a fait grand bruit. Qualifié de roman à clé par ses détracteurs, le livre raconterait en fait l’histoire de Camus (Henri), de Sartre (Robert) et de Beauvoir (Anne). Albert Camus a considéré ce livre comme une véritable trahison : son personnage dans le roman fait un faux témoignage afin de protéger une actrice dont il est amoureux. Une histoire qui serait en fait celle de Sartre… Mais tout cela n’est plus vraiment d’actualité. Reste aujourd’hui un très beau roman, d’une étonnante modernité.
Les Mandarins comme toute l’oeuvre de Simone de Beauvoir contient évidemment des aspects autobiographiques.

Pour Simone de Beauvoir, faire de sa propre existence le sujet de ses livres aura été en réalité une façon de ne jamais choisir entre la vie et l’écriture.

Les Mandarins, TI et II
Simone de Beauvoir
506 et 500 pages
Gallimard, Folio

Photo : Simone de Beauvoir au Café de Flore

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Comments

2 Responses to “L’année du Castor”

  1. marvaldi on 11 octobre 2008 15:09

    beaucoup de contre-verités cela fait du mal…

  2. Emma on 11 octobre 2008 15:38

    Des contre-vérités, ah bon ? Merci de développer votre propos…

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