Autofrictions

Posté le 27 avril 2008 
Catégorie littérature française

A 20 ans, Louise épouse en grandes pompes son amour d’enfance, fils du meilleur ami de son père (membre comme le sien de l’intelligentsia parisienne). Jeune, beau et plein d’ambitions, Adrien est follement amoureux de Louise. Mais voilà, des vacances avec son beau-père et sa petite amie, Paula, transforment le prince charmant en vilain crapaud, et le conte de fée en mauvais vaudeville. Adrien pique la fiancée de son père et quitte Louise.

Second roman de Justine Lévy, Rien de Grave raconte la descente aux enfers de Louise, après sa rupture. L’auteur décrit avec des mots simples et beaucoup de justesse les situations difficiles que vit son héroïne (divorce, addiction aux amphétamines, cancer de sa mère et décès d’un proche), sans tomber dans le pathos. Ce n’est donc pas un livre déprimant, la rupture avec Adrien marquant finalement la renaissance de Louise et son passage à l’age adulte. L’écriture est fluide, légère même, rythmée par des phrases parfois très longues mais qui ne nuisent pas à la lecture.

Reste une question, évidemment. Fiction ou autobiographie ? Autobiographie, bien sûr ! Et nous savons tous qui est qui : Louise, c’est Justine Lévy, la fille de Bernard-Henri Lévy ; Adrien, son ex-mari, c’est Raphaël Enthoven, et la méchante Paula (surnommée Terminator dans le roman), c’est évidemment… Carla B., devenue depuis première dame, comme ça n’aura échappé à personne.

Rien de Grave n’est pourtant pas le énième livre d’une « fille de ». S’il est certes possible d’identifier tous les protagonistes, il n’y a pas d’exhibitionnisme, et le lecteur ne se sent pas dans une position de voyeur. Même si, il faut bien l’avouer, certaines descriptions de Paula sont assez jubilatoires - d’autant plus que ces derniers mois la réalité a carrément rattrapé la fiction !

Au total, Rien de Grave est un roman prenant et attachant, comme son héroïne, tour à tour léger et grave. A lire sans à priori.

Rien de Grave
de Justine Lévy
Livre de Poche
5,50 euros.

Rien de grave

Related Posts with Thumbnails

Comments

2 Responses to “Autofrictions”

  1. Dahlia on 12 novembre 2008 10:46

    Ce que je trouve assez pénible, à chaque fois que je tombe sur une critique de Rien de grave, c’est qu’on omette de préciser que ce livre est la suite du premier roman de Justine Levy qui s’intitule Le rendez-vous. Adrien et Louise y étaient déjà, certes le livre se concluait sur leur rencontre, m’enfin la plupart des personnages retrouvés dans Rien de grave étaient déjà dans Le rendez-vous.

    Pour ma part, je préfère d’ailleurs son premier roman, qui a une écriture bondissante et mélancolique à la fois, avec des ellipses et rettours en arrière assez bien amenés, et qui parle du rapport mère-fille sans en faire des tonnes.

  2. Emma on 12 novembre 2008 15:41

    Je ne savais pas du tout qu’il s’agissait d’une suite ! Pourtant, je fais pas mal de recherches avant d’écrire mes billets, même si cela ne se voit pas forcément ;-)
    Merci de ton commentaire car du coup je vais lire Le rendez-vous…

Laisser un commentaire