L’attrape-Salinger

Posté le 16 avril 2008 
Catégorie films & adaptations

Un écrivain mythique retiré du monde (J.D Salinger), un écrivain germanopratin médiatique (Frédéric Beigbeder), de grands auteurs de la littérature américaine contemporaine (Jay McInerney, Rick Moody, Jonathan Ames…), New York et Paris en toile de fond… Voilà à priori tous les ingrédients nécessaires à la réalisation d’un véritable road-movie littéraire. Sur une idée du magazine Transfuge, L’attrape-Salinger suit Frédéric Beigbeder sur les traces de J.D. Salinger, un de ses écrivains préférés.

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L’Attrape-Cœurs est le premier et unique roman de Salinger. Publiée en 1951, l’histoire de Holden Caulfield, un adolescent qui fait une fugue après avoir été renvoyé de son lycée, devient immédiatement un roman culte. Et fait de son auteur un des écrivains majeurs du XXème siècle. Mais très vite Salinger choisit l’isolement. Son dernier recueil de nouvelles, Dressez haut la poutre maîtresse, charpentiers, date de 1963. Une dernière nouvelle paraît dans le New Yorker, en 1965. Depuis, plus rien. Pas un mot. Même si Salinger continue, apparemment, d’écrire. De quoi attiser les curiosités et engendrer de folles rumeurs sur cette grande figure de la littérature américaine.

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Le film réalisé par Jean-Marie Périer n’est pas à la hauteur de son sujet. Le documentaire repose, en grande partie, sur les entretiens de Frédéric Beigbeder avec des auteurs français et américains. Mais ces entretiens sont bâclés. Il s’agit plus de mondanités que de véritables discussions d’écrivains. C’est presque du people : Beigbeder au Flore, Beigbeder en train de boire un verre de vin sur la terrasse de Jay McInerney, Beigbeder à Washington Square, etc. La réalisation participe à ce ratage, notamment avec cet écran coupé en deux, qui n’a aucune raison d’être.

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En réalité, le film vaut le coup d’œil pour la fin. Les seuls moments vraiment intéressants du film surgissent dans les 15 dernières minutes, quand Frédéric Beigbeder part dans le New Hampshire. Là, enfin livré à lui-même, il se pose des questions. Se demande s’il veut, et surtout, s’il a le droit de briser l’intimité de Salinger. On découvre alors un Beigbeder touchant, sensible et un peu midinette, loin de la superficialité qu’il aime afficher. Les images filmées sur le chemin qui mène chez Salinger sont réussies. Malheureusement, ce sont les derniers instants du film…

Photos : Magazine Transfuge N°17

L’attrape-Salinger
De Jean-Marie Périer
2007

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