Le roman russe d’Amis
Posté le 10 mai 2008
Catégorie littérature anglo-saxonne
+ Titre : La Maison des Rencontres
+ Auteur : Martin Amis
+ Genre : un homme se penche sur son passé
+ pour : l’écriture d’Amis
+ contre : plus classique que ses précédents romans
S’il y a un auteur qui a toujours réussi à m’embarquer, c’est bien Martin Amis. Son roman L’information - ou plutôt The Information (à l’époque j’habitais en Angleterre) - fut une révélation. J’ai été emportée par sa prose électrique et son humour féroce. Depuis, il a publié près d’une dizaine de titres, romans et essais confondus. Des très bons (Expérience) et d’autres moins bons (Train de Nuit). Son dernier roman Chien Jaune n’ayant pas été un grand cru, j’attendais impatiemment son nouvel opus, La Maison des Rencontres.
Deux frères se retrouvent, à quelques années d’intervalle, dans un camp à la frontière de l’Arctique. Tout les oppose. L’un est un ancien soldat de l’armée rouge, violent et sanguinaire, il s’agit du narrateur. L’autre, petit et laid, Lev, son cadet, est un pacifiste résigné. Entre eux, une femme, Zoya, que Lev a épousé juste avant de venir croupir à Norlag. Lorsque le droit de visite conjugale leur est accordé, Zoya et Lev se retrouvent pour une nuit dans la maison des rencontres. Pourtant, à la suite de cette visite, Lev ne sera plus jamais le même homme.
Que s’est-il passé dans la maison des rencontres en 1956 ? Cette question va hanter le narrateur tout au long de sa vie. Ayant fait fortune aux Etats-Unis, il revient sur les traces de son passé. Dans sa poche, une lettre qu’il lira le moment venu. A travers l’histoire de cette rivalité fraternelle, Martin Amis décortique le système russe et ses deux piliers, la terreur et l’ennui. La terreur d’hier, celle du goulag et de ses millions de victimes. Mais également la terreur d’aujourd’hui, celle de l’école numéro 1 à Beslan, en Ossetie du Nord, où 400 enfants sont morts au cours d’une prise d’otage en 2004. Dans ce grand roman, se croisent les fantômes des dirigeants qui ont anesthésié la Russie. Amis convoque aussi de grands écrivains, Dostoïevski notamment, pour dresser le tableau du ‘désespoir permanent’ du peuple russe.
Au final, La Maison des Rencontres est un grand millésime. Alors, un conseil : oubliez les polémiques autour du salaire exorbitant du professeur de ‘Creative Writing‘ à l’université de Manchester, celles sur l’Islam et les ragots dont les tabloïds anglais adorent se délecter et lisez Martin Amis.
La Maison des Rencontres
de Martin Amis
Editions Gallimard
285 pages, 19,50 euros
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2 Responses to “Le roman russe d’Amis”
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tout a fait d’accord, un très grand cru. Il y a aussi La flèche du temps qui raconte la vie d’un homme à rebours, cela donne sous la plume d’Amis un roman très cynique et incroyablement construit.
Indéniablement Amis est une grande voix anglaise.
En fait, j’ai un peu honte, vu que c’est un des meilleurs Amis, mais je ne suis pas allée au bout de la flèche du temps. Petite circonstance atténuante, je voulais le lire en anglais… mais je vais lui donner une autre chance !