Sick Boy, Renton, Spud et les autres

Posté le 26 mai 2008 
Catégorie littérature anglo-saxonne

Irvine Welsh+ Titre : Porno
+ Auteur : Irvine Welsh
+ Genre : galère écossaise

+ pour : très drôle
+ contre : il faut avoir lu Trainspotting

Lire la suite de Trainspotting, j’avoue, ne me tentait pas trop. Ce livre m’ayant vraiment marqué je me demandais en quoi une suite pouvait bien être nécessaire. Mais voilà, Porno vient de sortir aux éditions du Diable Vauvert (six ans après sa parution en Grande-Bretagne) et l’adaptation cinéma semble sur le point de voir le jour. De bonnes raisons pour se replonger dans la vie de nos beautiful losers made in Scotland.

Après quelques années passées à Londres, Sick Boy retourne à Edimbourg gérer le Port Sunshine, le pub de sa tante Paula ; Begbie s’apprête à sortir de prison ; Spud est toujours dans la galère ; Renton, parti à Amsterdam à la fin de Trainspotting, est sur le chemin du retour. Les personnages se retrouvent progressivement là où ils s’étaient quittés dix ans plus tôt et, à l’exception de Spud, ils n’ont qu’une idée en tête : régler son compte à Renton (qui a filé avec leur fric à la fin de Trainspotting). Sick Boy est le héros principal de ce nouvel opus. C’est autour de lui que toute l’intrigue se met en place. Toujours aussi égocentrique, il se prend désormais pour un entrepreneur et rêve de devenir riche. Son idée de génie ? Réaliser un film porno !

« - La question n’est pas de savoir pourquoi on devrait le faire, mais bien de savoir ce qu’on pourrait foutre d’autre ? »

Avec l’aide d’étudiants en cinéma, Sick Boy réalise un film au premier étage de son pub décrépi. Ce qui donne lieu à des situations aussi drôles qu’absurdes. Petite précision : le porno n’est pas le sujet du livre mais une toile de fond, à l’instar de la drogue dans Trainspotting. La drogue, elle, est toujours présente. Mais dans les années 90, la cocaïne a remplacé l’héroïne chez les ex-junkies de Leith. L’histoire la plus touchante reste celle de Spud : incapable d’arrêter la drogue ou de trouver un boulot, il rêve d’une autre vie dans laquelle il serait… historien de Leith ! Spud est certainement le personnage le plus humain du livre, à côté des autres héros, psychopathes (Begbie), voleurs (Renton) ou mégalos (Sick Boy).

Malgré mes réticences initiales, ce fut d’emblée un plaisir de retrouver ces personnages hauts en couleur, ainsi que l’écriture dopée au Red Bull de Welsh. Une des nouveautés de Trainspotting se trouvait dans la transcription de l’accent écossais en un véritable langage. Pour avoir lu Porno en français, je n’ai pas l’impression que la traduction ait respecté cet élément essentiel de l’écriture de Welsh.
Les nombreux dialogues et l’alternance de chapitres dans lesquels chacun des personnages se racontent contribuent à faire de Porno un véritable page-turner, comme disent les anglais.
A lire donc, en attendant le film…

Photo : Chris Saunders

Porno
de Irvine Welsh
Editions Diable Vauvert
613 pages, 19 euros

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Comments

10 Responses to “Sick Boy, Renton, Spud et les autres”

  1. Thom on 26 mai 2008 19:22

    Ca fait au moins deux ans que je l’ai, mais je n’ai jamais eu le courage de le lire…je le sens mal, je ne sais pas pourquoi…

  2. cafebook on 26 mai 2008 19:49

    Je comprends, je n’étais pas sûre de vouloir le lire. J’étais restée sur une très mauvaise impression de Welsh et de son recueil de nouvelles Ecstasy. Finalement c’est plutôt une bonne surprise. Je serais curieuse de savoir ce que tu en penses…

  3. Thom on 27 mai 2008 21:01

    Allez…on verra ça bientôt, alors. Promis :-)

  4. Magda on 30 mai 2008 14:13

    ça a l’air tentant. En VO pour moi, alors…

  5. cafebook on 30 mai 2008 18:02

    Thom : j’attends ton billet !
    Magda : Tu as raison, c’est vraiment le genre de roman qu’il faut lire en VO.

  6. Jérôme on 26 août 2008 20:52

    J’avais trouvé la traduction de Trainspotting désastreuse (et je suis pas le seul, certains traducteurs en ont fait un sujet de thèse !) L’argot était complètement daté, c’était truffé de contre-sens. En quoi trouvais-tu l’accent écossais bien rendu ?
    ça allait mieux avec Une ordure qui avait un autre traducteur.
    La trad de Porno est au contraire une réussite au niveau de l’argot, du style parlé et des dialogues. A lire en VF donc !

  7. Emma on 26 août 2008 23:05

    Bonsoir Jérôme,
    Peut être que ce n’était pas très clair dans mon billet mais j’ai lu Trainspotting en anglais et justement ce qui est formidable dans ce bouquin, c’est ce que Welsh a réussi à faire avec l’accent. Tu lis et tu entends l’accent écossais et ça, forcément, c’est impossible à traduire. Pour ce qui est de Porno (que j’ai lu en français) c’est vrai que les dialogues sont excellents, mais est-ce vraiment grâce à la traduction…

  8. Jérôme on 27 août 2008 9:14

    Ah ok Emma, j’ai cru que c’était dans la VF que tu avais retrouvé cet accent. Autant pour moi.
    Pour l’excellence des dialogues, c’est bien sûr grâce à Welsh. Mais aussi à la traduction, car justement dans la VF de Trainspotting ils avaient perdus leurs fraîcheurs, faisant viellots, bref sonnaient faux.

    J’ai trouvé un truc sympa sur le net :

    http://www.post-scriptum.org/flash/docs2/art_2003_03_009.pdf

    Page 8 ça compart une version belge et une version québécoise de la version théâtre de Trainspotting. C’est marrant et ça fait réfléchir sur les besoins de l’adaptation.
    Exemple : Là où Welsh dit 27 fois le mot “Fuckin”, les Belges ont choisi de dire 7 fois “putain”, “1 fois “cul”, 1 fois “bordel”, 1 fois “putain d’enculé de merde” et de zapper 17 fois le mot !
    Les Québécois ont choisi de dire 13 fois Tabarnak, 1 fois sacrament, 8 fois câliss, 1 fois hosti, 1 fois Esti, 2 fois Criss, 1 fois Ciboire.

  9. Jérôme on 27 août 2008 9:20

    Bon, je voudrais pas avoir l’air de faire mon malin non plus, mon niveau d’anglais est sûrement bien inférieur au tien (je ne lis que des comics en VO).
    Simplement je me suis régalé en lisant les deux derniers Welsh et je pense qu’on retrouve vraiment l’esprit de l’auteur et d’Edimbourg.

    Je te crois volontiers quand tu dis que le lecteur perd l’accent écossais et que c’est dommage. Mais c’est aussi vrai pour la traduction de tous les accents américains dans les romans et les films. Surtout l’accent afro-américain qu’on est incapable de rendre en français (autrefois dans les vieilles séries c’était pire on leur faisait prendre un accent Uncle Ben’s).

  10. Emma on 27 août 2008 11:12

    Le problème quand on commence à lire en VO, c’est qu’en VF on a toujours l’impression qu’il manque quelquechose, à tord ou à raison.

    Les expressions québécoises :-D

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