Film : Control (2007)

Posté le 3 juin 2008 
Catégorie films & adaptations

graffitiIan Curtis fait partie de ces destins brisés du rock. Un de ces musiciens dont on se dit que s’il était resté en vie l’histoire du rock aurait pris une autre tournure. Control retrace donc la courte vie du chanteur de Joy Division, suicidé à l’âge de 23 ans, quelques heures à peine avant le départ du groupe pour sa première tournée américaine. Le film d’Anton Corbijn est différent des habituels biopics mettant en scène des rocks stars décédées. Adapté de Touching from a Distance, biographie signée Deborah Curtis (la femme de Ian Curtis), il met l’accent sur la vie personnelle du chanteur plus que sur celle du groupe. C’est que sa vie, depuis son mariage à l’âge de 19 ans, a complètement changé. En l’espace de quelques mois, l’adolescent introverti est devenu le chanteur hyper charismatique de Joy Division, dont les prestations scéniques et le premier album Unknown Pleasures sont déjà en passe de devenir cultes.

Ian Curtis a du mal à gérer la gloire naissante du groupe. Il suit un traitement médical contre l’épilepsie. Surtout, il est hanté par la culpabilité : il a quitté sa femme et sa petite fille âgée de un an, pour Annik Honoré, une jolie belge dont il est tombé amoureux. Tiraillé entre la fidélité qu’il doit à Debbie et son amour pour Annik, Ian Curtis a tout simplement perdu le contrôle de sa vie -  jusqu’à cette nuit funeste où, après avoir ingurgité une bouteille de whisky, il se pend dans la cuisine de son ex-femme.

Filmé en noir et blanc, Control restitue avec réalisme l’ambiance du nord de l’Angleterre des années 70. La manière dont le médecin annonce à Curtis les symptômes de sa maladie et les effets secondaires que les médicaments peuvent entraîner est révélatrice d’une époque où tout est difficile (l’Angleterre est en plein marasme économique). Du point de vue de la photo, on sent que le réalisateur, dont c’est le premier film, a particulièrement soigné le cadre et l’image. Chaque plan est hyper léché, quasiment une photo en soi. Quant aux scènes de concert, très réussies, elles doivent beaucoup à la prestation de Sam Riley, l’acteur qui interprète le rôle du leader de Joy Division.

Au total, le film retrace sans complaisance la vie de Curtis et les doutes qui l’habitent. Il lui manque néanmoins quelque chose pour que le spectateur se sente réellement impliqué dans l’histoire.

control_affiche

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Control_street

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Control_concert

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Control_records

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Control_ ian & annik

A voir : si cette période vous intéresse, je vous conseille l’excellent 24 Hour Party People, réalisé par Michael Winterbottom, qui raconte les débuts de Factory Records et de la scène de Manchester, de l’époque punk jusqu’à la faillite du label.

A lire, un article de Natalie Curtis, la fille de Ian Curtis.

Control
DVD
réalisé par Anton Corbijn
20 euros

control dvd

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Comments

6 Responses to “Film : Control (2007)”

  1. Magda on 9 juin 2008 8:09

    Malheureusement j’ai complètement loupé ce film lors de sa sortie, mais je vais le louer. La photo est certes léchée mais quelle beauté sur les images que tu as choisies!

  2. Emma on 10 juin 2008 10:17

    Si tu aimes ces photos tu seras impressionnée par le film, c’est une succession de plans hyper graphiques

  3. Thom on 10 juin 2008 19:49

    Superbe…visuellement. La marque Corbijn, bien sûr. C’est ça qui lui manque à mon avis : la chaleur. Le film est hyper esthétisant, mais beaucoup trop froid. Comme la musique de Joy Division ! répondront les fans du film. Mouais. Non, la musique de Joy n’a jamais été froide, non. La basse joviale, bondissante de Peter Hook… “Disorder”, ce n’est pas si froid. Ce film, oui.

  4. Emma on 10 juin 2008 20:13

    Oui c’est bien çe qui manque au film, tu as raison. Le spectateur est complétement détaché des personnages alors que la situation est tragique. Ca reste un bon film malgré tout…

  5. Manu on 20 octobre 2008 18:42

    Je n’ai pas été choquée par le côté froid du film. J’ai au contraire été subjuguée par ce film. Grande fan du groupe, j’ai trouvé la prestation de Sam Riley captivante.
    Un très bel hommage.

  6. Emma on 21 octobre 2008 15:49

    Bienvenue ici Manu, c’est vrai que quelques mois après l’avoir vu, le côté froid du film ne me semble plus aussi marqué. Et tout à fait d’accord sur la prestation impressionante de Sam Riley. A bientôt !

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