Jeune plume cherche éditeur
Posté le 29 juin 2008
Catégorie autour de l'édition
Pas facile pour un jeune écrivain de publier son premier roman. Il suffit de faire un tour sur le blog de Lise Marie Jaillant pour s’en rendre compte. Le nom de son blog ? Survivre dans le milieu hostile de l’édition. Un titre qui en dit long. A l’évidence, trouver un éditeur s’apparente davantage à un parcours du combattant qu’à une balade à Saint-Germain-des-Prés. Et si un carnet d’adresses bien rempli s’avère forcément utile, la meilleure arme de l’écrivain en quête d’éditeur reste… la patience. Car une fois l’éditeur ferré, la publication n’est pas encore acquise. « Certains auteurs sont juste repérés. Des éditeurs fournissent des pistes de re-travail, d’autres attendent un moment opportun pour décider de publier », explique Baptiste Liger, rédac chef en charge des livres à Technikart.
Dans la veine des concours de nouvelles organisées par les maisons d’édition, Technikart lance en 2006 un concours de manuscrit. Pour favoriser l’émergence de nouveaux talents, bien sûr. Mais, surtout, pour « donner un petit coup de pouce à des personnes ayant écrit un manuscrit et cherchant désespérément un éditeur », précise Liger. Un « casting » qui a permis à la majorité des lauréats de nouer de sérieux contacts dans le milieu littéraire. Ainsi, La cinquième saison du monde de Tristan Ranx (le gagnant 2008) est actuellement en cours de lecture dans plusieurs maisons d’édition, notamment le Seuil. En 2007, trois lauréats ont publié leur premier roman : Delphine Bertholon (La cabine commune), Jacques Perry-Salkow (Le Pékinois) et Karine Granier-Deferre (Le cadeau). Quant à La ville sans regard de Mathias Bernardi, elle vient tout juste de sortir des presses, avec à la clé d’excellentes critiques - notamment dans le magazine Lire du mois de juillet.
Quid de Patrick Bénard, le gagnant de la première édition, dont j’ai déjà parlé ici même ? Les Chroniques frénétiques de l’Auxerrois ont, semble-il, essuyé les plâtres du lancement de l’opération : si son manuscrit a été distribué gratuitement avec le magazine à l’été 2007, une réédition, en partenariat avec un véritable éditeur, a toujours été en ligne de mire. Las, la réédition ne s’est pas faite, laissant Patrick dans une situation assez inconfortable. Les Chroniques frénétiques sont désormais un collector, « à peine vu et si vite oublié » selon l’auteur, un peu échaudé par toute l’histoire. Au début de l’année, Bénard a pu enfin récupérer le droit d’exploiter son manuscrit.
Il est à nouveau à la recherche… d’un éditeur.
Les lauréats 2008 :
« Au moment de nous quitter » de Jean-Luc Charlot
« L’archipel sacré » de Carine Jiya
« Trigo » de Nicolas Marang
« Tacto - le père-clown » de Liliana Nicolae
« Septembre » de Michel Pavloff
« La cinquième saison du monde » de Tristan Ranx
Photo : Flicker
Comments
11 Responses to “Jeune plume cherche éditeur”
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Bonsoir Emma,
le blog de Lise Marie Jaillant n’est guère réjouissant pour moi qui suis en train de terminer mon premier roman.
Merci d’avoir transmis à P. Bénard. J’ai passé commande ce week end.
Hi civil servant,
C’est vrai que l’expérience de LMJ n’est pas des plus encourageantes pour un écrivain - c’est le moins que l’on puisse dire !
L’exemple des lauréats technikart montre que cela prend du temps: ceux publiés en 2007 et 2008 faisaient partie de la sélection 2006… c’est donc vraiment un travail de longue haleine !
Ton premier roman ? Bonne chance !
Je vois que vous êtes un grand lecteur et je voulais à mon tour vous conseiller un livre qui va sortir le 21 aout 2008. J’ai entendu un extrait lu sur france culture l’autre jour, ça a l’air exceptionnel ! C’est un livre de Patrice Pluyette, jeune et talentueux écrivain repéré par Maurice Nadeau et publiant désormais au Seuil dans la collection “fictions et compagnie”. Le livre se nomme “La Traversée du Mozambique par temps calme”, c’est une parodie de roman d’aventure, à la fois classique et moderne, écrit de façon intelligente dans un style remarquable et plein d’humour! Du grand art, j’ai hâte d’être au 21 aout!!! Voilà, je voulais vous faire partager ce coup de coeur…
Tiens, vous aussi vous avez été “spamé” par Baboudi. Figurez-vous que j’ai reçu mot pour mot le même message. Vive la personnalisation !
Oui, ce commentaire faisait très spam ! Ravie de vous retrouver sur ces pages.
Oh, mais je vous suis très attentivement par l’intermédiaire des flux rss, Emma; simplement je poste rarement des commentaires sur les blogs.
“trouver un éditeur s’apparente davantage à un parcours du combattant”, oh tiens air connu
Je crois que c’est un éternel débat qui ne trouvera jamais de réponse ferme et définitive permettant de le clôturer…
Je pense qu’Internet est en tout cas un formidable tremplin pour tous ceux qui ont envie de faire connaître leur plume… sans carnet d’adresses.
Et puis avant de penser “publication”, revenons à l’idée d’écrire aussi pour le plaisir non ?
au passage bravo pour ton cafebook, je nous vois quelques affinités littéraires
Bienvenue Alexandra ! C’est vrai qu’internet est un formidable outil pour les (futurs) écrivains. Une initiative comme celle de blogauteurs est d’ailleurs intéressante.
J’ai l’impression que pas mal de blogueurs écrivent encore pour leur plaisir même s’ils aspirent aussi à être publiés…
Quelques affinités effectivement
Y’a pas vraiment de recette, ça se saurait, mais il est un fait certain qu’il faut avoir un sacré coup de bol (aussi) pour se faire éditer. Et ça…
J’ai travaillé au service des manuscrits d’une très grande maison d’édition, en littérature jeunesse. J’étais stagiaire à l’époque. Et néanmoins un rouage peu négligeable, puisque mes fiches de lecture servaient souvent de premier tri à l’éditrice. Tout est parfois affaire de temps. Les textes que j’ai laminés auraient pu plaire à une autre ; ceux que j’ai mis en haut de la pile (ils étaient rares) auraient pu faire vomir la stagiaire d’avant ou d’après. Je conseillerais aux jeunes auteurs de parfois renvoyer leurs textes d’une année à l’autre.
En ce qui concerne Patrick Bénard, je suis écoeurée pour lui. Quelle injustice! Quelle bêtise! Heureusement, ton blog lui a fait honneur.
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