Bardot+Godard = Le Mépris
Posté le 17 juillet 2008
Catégorie films & adaptations
Au début des années 60, Jean Luc Godard est le réalisateur le plus en vu de la Nouvelle Vague. Un cinéaste qui peut se permettre toutes les audaces. Et c’est ce qu’il fait en adaptant le roman éponyme d’Alberto Moravia. Pour jouer aux côtés de Piccoli, le réalisateur choisit Bardot, l’actrice emblématique de ce nouveau cinéma, et installe tout ce petit monde à Capri, dans le cadre idyllique de la Villa Malaparte.
Le Mépris explore à la loupe, avec le miroir grossissant de la caméra, l’intimité de Paul et Camille, et saisit le moment exact où l’amour commence à se transformer en mépris. Paul (Michel Piccoli) est un scénariste appelé en renfort par un producteur américain pour réécrire le scénario de L’odyssée (le film dans le film, réalisé par Fritz Lang qui joue son propre rôle). Un événement à priori insignifiant va modifier l’attitude de Camille (Brigitte Bardot) à l’égard de son mari et entraîner le couple sur le chemin de la rupture. Si Le Mépris a autant marqué les esprits c’est que BB n’a jamais été aussi belle que dans ce film. Sublimée par la caméra de Godard, elle livre une interprétation très juste du personnage de Camille, à l’instar des autres acteurs eux aussi excellents. La couleur joue un rôle primordial dans Le Mépris. Godard distille çà et là des touches de couleurs vives qui s’avèrent être des éléments essentiels : le canapé rouge de l’appartement romain, le bandeau noir dans les cheveux, le peignoir jaune… Accrochée à flancs de rochers, la Villa rose de l’écrivain Malaparte est, elle, comme une incongruité magnifique, la cerise sur le gâteau au milieu de la splendeur méditerranéenne.
La rencontre de Bardot et Godard sous le soleil plombant de Capri, c’est l’équation cinématographique parfaite, la Nouvelle Vague à son apogée. D’ailleurs, les images du Mépris font aujourd’hui partie de l’imaginaire collectif. Particulièrement la scène d’ouverture dans laquelle on entend la fameuse tirade « et mes fesses, tu les aimes, mes fesses ? » (une scène rajoutée à la demande de la production américaine). Finalement, c’est ça, un film culte : un film dont on a les images plein la tête avant même de l’avoir vu.
Silence donc, et place aux images.
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Le Mépris
de Jean Luc Godard
avec Brigitte Bardot, Michel Piccoli, Jack Palence, Fritz Lang
DVD, 10, 99 euros
Comments
5 Responses to “Bardot+Godard = Le Mépris”
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Ta conclusion est tout à fait juste Emma, la preuve étant que j’ai toutes ces images en tête alors que je n’ai jamais vu ce film.
Et les images sont magnifiques.
A bientôt
Oui, les images sont vraiment très belles… il faut vraiment que tu vois ce film !
ahhhhhhhhh! j’ai toujours, toujours rêvé d’être cette Camille-là… oui, alchimie formidable de Moravia et de Godard… toute eau bleue contre un rocher tombant à pic sous un soleil de plomb m’évoque immanquablement “Le Mépris”.
“Putain, merde, nom de Dieu…” Merci pour ces images, ce texte, ces souvenirs.
Merci pour ce gentil commentaire Magda !
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