La fête est finie
Posté le 22 juillet 2008
Catégorie littérature anglo-saxonne
Je vous annonce avec tristesse que Jay McInerney n’est plus… Ou du moins ses livres. Dans La belle vie, l’écrivain américain se démarque du ton caustique et léger qui a fait sa renommée. Bien sûr, c’est toujours la vie des riches New-yorkais de l’Upper West Side ou de Tribeca qu’il décrit dans son dernier opus. On y retrouve même des personnages déjà croisés précédemment, notamment Corinne et Russel, le couple « parfait » de Trente ans et des poussières. Et La belle vie n’échappe pas non plus à la règle qui veut que même un « mauvais » McInerney reste un bon moment de lecture. Non, ce qui cloche dans La belle vie c’est cette histoire d’amour un peu mielleuse qui débute le lendemain de la tragédie du 11 septembre.
Les ex-traders des années 80 reconvertis en écrivains, scénaristes ou éditeurs se sont un peu assagis après une décennie d’excès en tout genre. Ils mènent désormais une belle vie de famille, faite de dîners dans les restaurants les plus en vus, de vacances d’été dans les Hamptons et d’amis célèbres. Comme si de rien n’était… jusqu’à cette funeste matinée du 11 septembre 2001. Pour Corinne et Russel, d’un côté, et Sasha et Luke, de l’autre, rien ne sera plus comme avant. C’est en tout cas la promesse qui nous est faite. Et autant vous le dire tout de suite, c’est une promesse non tenue.
La désintégration des deux tours conduit naturellement les protagonistes à s’interroger sur le sens de leur vie. A réévaluer leur couple à l’aune de cet événement hors du commun. Mais c’est un terrain glissant sur lequel s’aventure Jay McInerney : la rencontre entre Corinne et Luke sur les cendres encore chaudes du WTC est digne d’un mauvais téléfilm de M6. Et je ne vous parle pas de l’histoire d’amour qui s’ensuit… Une histoire dont, sans rien dévoiler, l’auteur ne pourra se dépêtrer autrement que par un pied de nez. Dommage, car dès qu’il s’agit de raconter l’impact de la tragédie sur la vie des New-yorkais JMI trouve les mots justes. Et on réalise alors l’ampleur du traumatisme pour quiconque a vécu cet événement d’aussi près.
Je vous recommande aussi la lecture de la critique de Thom, très différente de la mienne, ainsi que le dossier de buzz littéraire, sur les romans du 11 septembre à découvrir cet été. En particulier Falling Man de Don DeLillo, Elégie pour un américain de Siri Hustvedt ou Les enfants de l’empereur de Claire Messud.
La belle vie
de Jay McInerney
Editions Points
464 pages, 8 euros
Comments
2 Responses to “La fête est finie”
Laisser un commentaire







nous sommes du même avis. J’avais bcp aimé “30 ans et des poussières” et je me suis jetée sur “La belle vie”. J’ai été comme toi déçue sur ce deuxième opus. Il n’y a plus la même étincelle. Peut-être parce que Corinne et Russel sont usés ? La magie aussi, je pense. Mais c’est un auteur que je continuerai à suivre
Bonsoir Amanda, je continuerai comme toi à suivre JMI, qui sait la magie pourrait peut-être revenir…