Seventies trash

Posté le 27 juillet 2008 
Catégorie littérature française

liberatiRater sa vie avec flamboyance, voilà la proposition faite par Simon Liberati dans Anthologie des apparitions. Avec ce premier roman, Liberati frappe un grand coup dans la fourmilière du paysage littéraire français. A sa sortie, d’ailleurs, les critiques ne s’y sont pas trompés : chef d’oeuvre ou roman trash, énième avatar littéraire d’un parisianisme branché et sous-Bret Easton Ellis, tout ou presque a été écrit sur ce roman. Sauf qu’Anthologie des apparitions est un livre qui frappe, claque et laisse parfois une drôle d’impression, tant la descente aux enfers de son personnage est vertigineuse. Car ce qui inspire Liberati ce sont les failles, les destins qui prennent la tangente et qui ne suivent pas la direction du vent. Et des failles, les protagonistes d’Anthologie des apparitions en possèdent quelques unes, en particulier Claude le personnage principal. En effet, Claude n’a pas seulement raté sa vie, il l’a foiré dans les grandes largeurs. Et dans cette dérive sans fin et sans but, il a entraîné sa jeune sœur Marina. De Paris à Saint-Tropez en passant par Ibiza, ils vont tous deux se perdre dans les mailles des glorieuses années 70, la décennie de tous les excès. Celle du night-clubbing, de l’héroïne et des fêtes décadentes où s’entrecroisent homos, junkies, travesties, prostituées, milliardaires et gigolos.

Mais à la quarantaine passée notre noctambule désoeuvré a perdu de son aura. Alors, question de survie, Claude se replonge dans ses plus belles années. Et fait resurgir les fantômes de sa jeunesse, notamment ceux de Nikki sa femme et de Marina, qu’il a toutes les deux trahies. Non que cela le dérange. Car Claude n’est pas du genre à avoir des états d’âme. Pour tout dire, la morale il s’en fout un peu : « selon les critères moraux ordinaires, Claude aurait eu tort de n’avoir pas su protéger Marina. Mais pourquoi la protéger alors qu’une faiblesse aussi stupéfiante constituait l’essentiel de sa grâce ? »

C’est à un voyage au bout de la décadence auquel nous convie Simon Liberati dans son Anthologie des apparitions. Et si le lecteur s’y perd parfois un peu (notamment dans la deuxième partie) la plume de l’auteur, elle, est toujours là pour le ramener à bon port.

Anthologie des apparitions
de Simon Liberati
Editions J’ai Lu
155 pages, 4, 80 euros

anthologie

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