Magnifique Zelda
Posté le 27 août 2008
Catégorie modernes classiques
Des yeux dans le vague, une tenue de danseuse, tutu et pointes compris, deux grandes malles de voyage empilées l’une sur l’autre où on a inscrit le nom et l’adresse du couple Fitzgerald [819 Felder St, Montgomery, Alabama]… Voilà la photo de Zelda Fitzgerald qui m’a donné envie de lire Accordez-moi cette valse, son unique roman paru en 1932. Un livre écrit, selon la quatrième de couverture, en « six furieuses semaines ». Accusée par Hemingway d’avoir tué le génie littéraire de Fitzgerald, vilipendée par son mari pour s’être emparé des miettes de ses romans pour écrire le sien, Zelda accuse Fitzgerald de plagiat : il aurait utilisé dans ses romans des passages entiers de ses journaux intimes. Accordez-moi cette valse, roman largement autobiographique, lève une partie du voile sur la vie troublée du couple. Zelda y apparaît sous le nom d’Alabama Beggs et Francis Scott Fitzgerald sous celui de David Night, un peintre célèbre. L’enfance en Alabama, le mariage avec David Night, le départ pour la France et l’apprentissage de la danse sont autant de similarités avec la vie de Zelda.
La vie étourdissante de David et Alabama prend un tour nouveau lorsque les jeunes mariés embarquent pour la France. Après un été sur la Riviera le couple s’installe à Paris où se retrouvent de nombreux américains qui, comme eux, ont quittés les Etats-Unis : « des Américains insouciants s’accrochaient à de coûteuses excentricités, tels des domestiques cramponnés à un manège de foire en folie, un samedi soir ». Les Knight s’oublient et se perdent dans le tourbillon parisien : « personne ne savait qui donnait la party. Elle durait depuis des semaines. Quand on sentait qu’on ne pourrait pas tenir une autre nuit, on rentrait chez soi pour dormir et quand on y retournait une nouvelle fournée de gens s’était consacrée à la maintenir en vie ». Désoeuvrée et solitaire, Alabama se lance dans une carrière de ballerine à l’âge de 27 ans. Une passion soudaine et irrationnelle dans laquelle elle se jette à corps perdu pour « se libérer d’elle-même ». Mais autant d’efforts en si peu de temps ont brisé son corps, et elle est forcée d’abandonner.
L’écriture de Zelda Fitzgerald est tout à fait singulière. Ses comparaisons parfois surprenantes sont empreintes de poésie. Quant à ses maladresses elles donnent l’impression d’être voulues. Finalement, au-delà de la curiosité pour la vie de ce couple mythique, c’est aussi dans cette écriture étonnante que réside justement tout le charme de Accordez-moi cette valse.
Accordez-moi cette valse
de Zelda Fitzgerald
Edition Robert Laffont
Pavillon poche
Comments
6 Responses to “Magnifique Zelda”
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Tu vois comme il est Thom : il réclame, il réclame, mais dès que tu écris un article, alors là, il n’y a plus personne pour le commenter.
Passons.
Je t’accorde volontiers cette valse pour ta rentrée.
A bientôt
Salut Thierry, je note que tu es un fin observateur ! Cela dit, le commentaire n’est pas une obligation (même si ça fait toujours plaisir).
Allez, oublions un peu Thom et dansons, veux-tu ?
< Emma + The Civil : skuzez-moi de déranger votre soirée dancing serré l’un contre l’autre, mais il faut que j’allume la lumière pour écrire le commentaire : et dire quoi, déjà ? ah oui, je me demandais justement si l’intérêt du livre ne résidait pas seulement dans le fait que ce soit un autobiographie romancée ? Si on n’a pas lu Fitzgerald (c’est mon cas, désolé, pas taper !!!), si on ne connait pas sa vie, sa relation avec Zelda, on y paume forcément un peu au passage, non ? Ou peut-il se lire sans savoir ??
euh… Bon, j’éteins la lumière, j’voulais pas déranger (tss tss).
Lve : tu peux lire Accordez-moi… sans rien connaître de la vie de Scott et Zelda, ce n’est pas nécessaire, mais dans la famille Fitzgerald s’il faut n’en lire qu’un c’est Scott, alors je t’encourage à lire ton Gatsby très rapidement !
(J’aurais préféré que tu laisses la lumière allumée, the civil servant est un danseur coompulsif :-D)
Ca a l’air tout à fait intéressant ce livre-là… cette femme est de toute façon intéressante.
P. S. : Merci pour le lien vers mon blog!