Soleil brillant de la jeunesse

Posté le 8 septembre 2008 
Catégorie coups de coeur

denton welchAttention, coup de cœur ! C’est assez rare pour être signalé puisque le dernier livre qui figure dans cette rubrique est Chimères de Nuala O’Faolain chroniqué… en mai. Un bail donc. Cette fois, j’ai été enthousiasmée par le livre d’un écrivain anglais peu connu en France : Denton Welch. Dans la préface de Soleils brillants de la jeunesse, William Burroughs avoue que c’est l’écrivain qui l’a le plus influencé. Le personnage de Kim Carsons, héros de Parages des voies mortes, est directement inspiré de Welch, « du Denton Welch pur et dur » même. Ayant abandonné la peinture pour l’écriture à la suite d’un grave accident, Denton Welch décède à l’âge de trente trois ans en laissant derrière lui trois livres et un journal. Considéré aujourd’hui comme un auteur-culte dans les pays anglo-saxons, la découverte de ses livres en français reste une gageure - seuls Voyage initiatique et Soleils brûlants de la jeunesse étant, pour l’instant, disponibles.

Soleils brillants de la jeunesse (belle traduction du titre original, In Youth is Pleasure) retrace le passage de l’enfance à l’adolescence d’Orvil Pym, un jeune homme de quinze ans en vacances avec son père et ses frères. Timide et solitaire, Orvil s’affranchit de la tutelle paternelle et s’échappe de l’atmosphère ennuyeuse du vieux palace où il réside pour l’été. Il vagabonde au bord de la Tamise, l’œil aux aguets, curieux de tout. Il observe, fasciné, un vieil homme qui vit dans une cabane. Tapi dans un coin, il l’épie en cachette avant d’oser enfin l’aborder. Il s’ouvre à lui et lui confie la douleur d’avoir perdu sa mère. Dans le même temps, Orvil fait endurer tout un tas de sévices à son corps : il s’astreint à une discipline sportive quotidienne, se fouette avec des branchages dans l’espoir un peu vain de repousser l’inévitable transformation de son corps. Il est ému et touché par des petites choses, une coupe de pêche Melba qui ressemble au « derrière d’une poupée en Celluloïd ». Passionné d’antiquités, il achète des objets étranges qu’il chérit comme de véritables trésors.

C’est donc à une sorte de voyage mi-onirique mi-poétique que nous convie Welch dans Soleils brillants de la jeunesse. Ce dernier possède le talent rare d’arriver à émouvoir le lecteur avec les choses les plus banales. Par je ne sais quel tour de passe-passe, Welch instille de la magie dans chaque instant vécu par son héros et nous embarque dans un univers singulier et étrangement attachant.

Soleils brillants de la jeunesse
de Denton Welch
Editions Viviane Hamy
211 pages

Elle a aimé : Anne-Sophie

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Comments

6 Responses to “Soleil brillant de la jeunesse”

  1. Anne-Sophie on 8 septembre 2008 23:59

    Ca me fait plaisir ! J’avais tellement aimé ce livre poétique…

  2. amanda on 9 septembre 2008 9:13

    je ne connais pas… et ce ma tente, j’aime bcp l’image de la peche melba :)

  3. amanda on 9 septembre 2008 9:15

    Ca me tente, pardon !

  4. Emma on 9 septembre 2008 10:47

    Anne-Sophie : c’est vrai que c’est une lecture qu’on a envie de partager. C’est un petit livre très attachant.

    Amanda : il n’y a pas que la pêche Melba, le livre est truffé de correspondances toutes aussi étonnantes les unes que les autres.

  5. Don Lo on 10 septembre 2008 23:01

    Et en plus la couverture est superbe (le plaisir des yeux est in youth aussi, na !)

  6. Emma on 12 septembre 2008 12:06

    C’est vrai que la photo de couv est très belle : In Youth is Beauty !

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