The Book of Joe
Posté le 16 octobre 2008
Catégorie littérature anglo-saxonne
Bush Falls, dans le Connecticut, est une ville comme il en existe tant d’autres aux Etats-Unis. Avec ses maisons de style colonial juxtaposées les unes aux autres, c’est un endroit où il fait bon vivre mais où on s’ennuie à mourir. Ici, comme ailleurs, le coach de l’équipe de basket est le personnage le plus respecté du coin. Mais, sous le vernis de ces bourgades bien propres, les préjugés sont encore tenaces : malheur à celui qui exprime ses différences, qu’elles soient sexuelles ou religieuses. Lorsque Joe Goffman a quitté la ville, après le lycée, c’était avec la ferme intention de ne plus jamais y remettre les pieds. Il a par la suite exorcisé ses démons dans un roman intitulé Bush Falls. En forçant le trait et en amplifiant les travers des habitants de sa ville natale, Joe a écrit une véritable satire des mœurs provinciales - devenue un best-seller adapté avec succès au cinéma. Résultat : Joe est un écrivain riche et célèbre, qui profite à plein des plaisirs de la vie new-yorkaise.
Mais là-bas, à Bush Falls, dans le Connecticut, que pensent les habitants de l’enfant prodigue ? Et bien, ils sont tout simplement verts de rage ! En retournant au chevet de son père mourant, Joe va vite prendre la mesure du ressentiment des habitants. Une colère à la hauteur de l’engouement initial que la sortie du livre avait suscité. Si son retour ne satisfait personne, Joe voit de son côté resurgir des souvenirs enfouis : les 400 coups avec ses potes Wayne et Sammy, Carly la petite amie dont il était fou amoureux, Lucy la maman très sexy de Sammy. Le roman alterne avec bonheur les réminiscences de ses années d’ado dans les années 80 (avec Springsteen pour la bande-son) et le retour au pays qui donne lieu à des situations cocasses et souvent très touchantes - Wayne l’ami d’enfance est atteint du Sida.
L’idée qui préside au Livre de Joe est aussi simple qu’excellente et permet à l’auteur d’aborder les questions de l’autobiographie et des prérogatives de l’écrivain. Si ce dernier a bien sûr le droit d’utiliser la réalité pour nourrir ses romans, peut-il toujours le faire impunément ? Par ailleurs, les difficultés que rencontre le narrateur dans l’écriture de son second roman sont éloquentes : Bush Falls, la source de l’écriture s’est tarie, il faut trouver autre chose…
Reste que si j’ai été emballée par l’idée de cette mise en abyme, je l’ai été beaucoup moins par la manière dont Jonathan Tropper dénoue les situations complexes en quelques pages. Le procédé s’avère assez énervant, donnant parfois au lecteur l’impression d’être dans une série américaine où tout irait à cent à l’heure. Le livre n’est pas non plus exempt de quelques clichés et les dialogues manquent singulièrement de consistance. Néanmoins, ne faisons pas la fine bouche, Le livre de Joe est un véritable page-turner qui permet de passer un bon moment même s’il ne nous propose rien qui ne soit vraiment inédit.
Le livre de Joe
Jonathan Tropper
Editions 10-18
412 pages
Comments
7 Responses to “The Book of Joe”
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Rebonjour donc (après passage à ton ancienne adresse).
Il date de quand ce livre (c’est pour savoir si je dois l’acheter ou si j’ai quelques chances de le trouver à la bibliothèque de mon bled ou à celle de mon taf) ?
Ca va autrement ?
Salut thierry,
Ce livre a déjà quelques années , je suis sûre que tu le trouveras dans tes biblios !
Oui, effectivement il date déjà un peu, puisque je l’ai lu avant même d’avoir un blog… donc 2005 au plus tôt, peut-être même avant.
Très bon post en tout cas, qui me donne envie de lire la suite (car il y a une suite, tout simplement intitulée “Bush Falls”), ce que je n’ai pas fait à l’époque parce que… je ne me souviens plus, mais je ne l’ai pas fait. Et c’était un tort
Ah, tiens je viens de laisser un commentaire sur ton blog ! Je ne savais pas qu’il y avait une suite…
Hello,
je partage ton avis sur le côté “série américaine” mais le niveau littéraire reste tout de même correct et il arrive à faire passer une certaine émotion même si on sent les “ficelles” de creative writing (il donne des cours à l’université de NYC je crois).
J’avais complètement laissé tomber ce genre de bouquin et j’avoue que, bigre, ça fait du bien, une fois de temps en temps !
bon we à toi,
J’ai également un peu laissé tomber ce genre de bouquin et je me dis que c’est un tort parce que finalement c’est une littérature qui remplit parfaitement son rôle, à savoir distraire et émouvoir sans pour autant oublier nos neurones…
Thom : attention, n’achète pas Bush Falls !! Ce n’est pas la suite du Livre de Joe mais le même livre avec un titre différent. Apparemment les éditeurs américains font ça de temps en temps pour donner une seconde vie à un livre