Le conte n’y est pas
Posté le 7 novembre 2008
Catégorie littérature française
Joli titre que ce Chemin des sortilèges, dixième roman de Nathalie Rheims qui entraîne le lecteur dans un univers onirique à la limite du fantastique. Entre rêve et réalité, une narratrice fait face à son passé. Après 10 ans d’absence, elle retrouve l’homme qui a tant compté dans sa vie. Les séances hebdomadaires qu’elle suivait chez ce psychanalyste ont été le point d’orgue de son enfance. Elle a aimé cet homme, qui fut l’amant de sa mère, au point d’avoir toujours regretté qu’il n’ait bercé son enfance comme un père. Leurs retrouvailles ont lieu dans une vieille demeure de campagne où vit désormais Roland. Si le lecteur est immédiatement prévenu que la narratrice est là pour recouvrer la mémoire, il n’a en revanche aucune indication sur la nature des souvenirs occultés.
C’est dans des cauchemars qui se confondent avec la réalité que la narratrice se remémore progressivement les moments clés de son existence. Elle est aidée dans cette quête par des contes de fées qui font chaque soir leur apparition sur sa commode : La belle au bois dormant, Blanche neige, Le petit poucet, Le Chaperon rouge… Autant de petits cailloux qui lui permettent de se réapproprier des pans entiers de sa mémoire.
Ces références aux contes de fées, pour intéressantes qu’elles soient s’avèrent à la longue lassantes, une fois l’effet de surprise passé. Le procédé est tellement répétitif que l’on s’attend à ce qu’un conte succède à un autre conte et qu’une nuit de cauchemar fasse suite à une autre nuit de cauchemar… Et, surtout, on comprend qu’il nous faudra patienter jusqu’aux dernières pages pour dénouer le mystère.
En attendant, à force de brouiller les pistes, Nathalie Rheims laisse le lecteur en rade sur son Chemin des sortilèges. Même séduit par cette narratrice qui croit encore aux contes de fée ou par ce psychanalyste retiré du monde, il est de toute façon tenu à distance. Aucune émotion ne transparaît de cette écriture limpide. Si la fin se révèle bien plus surprenante et touchante qu’escomptée, elle ne suffit malheureusement pas à ensorceler le lecteur.
Le chemin des sortilèges
de Nathalie Rheims
Editions Léo sheer
180 pages, 14 euros
Comments
10 Responses to “Le conte n’y est pas”
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Ce livre m’avait été proposé, mais j’ai refusé car ces thèmes ne m’attiraient pas trop, et je préfère chroniquer des livres qui m’ont plu.
Je lorgne sur ta lecture en cours (Hustvedt)là j’ai un a priori favorable…
J’ai lu ce livre par curiosité, plus que par affinités on va dire…
Il va falloir attendre un peu pour ma chronique de Hustvedt, c’est un livre très dense, je n’en suis pas encore au bout !
Comme Keisha, je n’étais pas très attirée par ce livre, je préfère voyager un peu plus en lisant !
Kathel : mais c’est le blog de Keisha qui s’appelle en lisant, en voyageant !!
Si j’étais méchant, je dirais que la seule réussite de ce livre est … son titre. Mais je ne suis pas méchant, et souhaitais juste pas une transition maladroite souligner que le vôtre (de titre, de billet) était bien plaisant…
Non, nous ne sommes pas méchants…nous tenons juste à souligner que le titre est vraiment une très belle réussite
Le schéma de cette intrigue est répétitif, l’exploitation des contes de fées n’a pas été assez poussée. Pourtant j’ai aimé lire ce roman pour l’ambiance que l’auteur a su créer.
Bienvenue Leiloona, pour moi c’est justement l’intrigue répétitive qui a été le plus rhédibitoire…
Ces répétitions ont été lassantes comme tu le dis si bien et même les contes choisis n’ont pas été une grande surprise !
Oui, un flop total mais c’est marrant parce que nous sommes finalement peu nombreux à avoir été vraiment décus par ce livre. J’ai lu beaucoup d’avis positifs…