Hemingway #1: le bureau sur pilotis

A la fin des années 20, Hemingway s’installe à Key West, une île paradisiaque au large de la Floride. D’abord dans un appartement, puis dans une grande maison aujourd’hui transformée en musée. La légende raconte qu’Hemingway utilisait ce phare, situé à une quinzaine de kilomètres de Key West, comme point de départ de ses expéditions en mer mais également comme… bureau ! Imaginez cette photo en couleur, la mer bleu azur et le sable blond… Assurément le bureau d’écrivain le plus cool qu’on ait jamais vu ! Et une belle source d’inspiration pour celui qui avouait souffrir du syndrome de la page blanche.

Il ne reste du phare que sa base métallique, que l’on peut encore apercevoir sur des photos aériennes de la région. La structure en bois a disparu en 1971 dans un incendie, provoqué par une bande d’étudiants, qui y avaient passé une soirée un peu trop arrosée - une fin qui aurait certainement amusé ce vieux loup d’Ernest…

bureau sur pilotis

Bon week-end !

De la fumée sans feu ?

Will Self at HomeLorsque le mégot de Tom Brodzinski atterrit accidentellement sur la tête d’une autochtone qui s’empresse de le menacer d’un procès, on se dit que le nouvel opus de Will Self ne pouvait démarrer sous de meilleurs auspices. Et que la cible de l’auteur est bien le politiquement correct qui entoure ce qui touche au tabac. Accessoirement, on se dit aussi que la nicotine rend vraiment les non fumeurs zinzins…

Tout ce qu’on aime de Will Self, auteur pour lequel on avoue un faible, est condensé dans les premières pages de No Smoking : l’art du contrepied, la satire et l’humour. Si le dixième opus de l’auteur le plus rock du royaume est d’emblée si jubilatoire, c’est que son point de départ est totalement et génialement absurde. En vacances avec sa femme et ses enfants dans une contrée exotique non identifiée, Tom décide que, loin du stress de sa vie londonienne, le moment est idéal pour arrêter de fumer. Un soir, sur le balcon de sa chambre d’hôtel, Tom dit adieu au tabac et, sans le savoir, bonjour aux emmerdes. Car dans ce drôle de pays, qui ressemble à l’Australie, la cigarette est considérée comme une arme potentiellement dangereuse : un mégot peut être utilisé à mauvais escient et devenir un « projectile armé d’une charge toxique ». On le savait, fumer tue, c’est désormais un crime. Lorsque Tom est accusé de tentative de meurtre, on se délecte d’avance de ce que va faire subir Will Self à son héros. La situation kafkaïenne est des plus prometteuses. Hélas, ces promesses vont rester lettre morte car, au lieu de forcer le trait, l’auteur va progressivement noyer le lecteur dans un torrent de descriptions hyper complexes du système judiciaire. Idem avec les coutumes locales bizarroïdes dont on a vraiment du mal à comprendre le fonctionnement. On se demande alors quel le véritable but de l’auteur, d’autant plus que le personnage de Tom, confronté à une situation des plus extraordinaires, semble révéler un singulier manque d‘épaisseur. Les moments de grâce, lorsque Will Self nous éblouit avec sa plume, ne suffisent pas à endiguer l’ennui qui affleure. Affublé d’un acolyte tout ce qu’il y a de plus répugnant (atteint d’une maladie de peau et soupçonné de pédophilie), Tom s’embarque dans un périple de 4000 kilomètres pendant que le lecteur, lui, reste en rade…

Déception donc pour ce No Smoking qui n’est pas à mettre entre toutes les mains, surtout celles qui n’ont jamais tenu un roman de Will Self…

Romans de Will Self à lire :
- Dorian
- Les Grands Singes
- Ainsi vivent les morts

Crédit photo : Michael Grieve/Le Monde

CouvNo Smoking
de Will Self
Editions de l’Olivier
346 pages - 2009
★★½☆☆

Les livres de 2009

Girl on a sofa En cette période de l’année, impossible de passer au travers. Il suffit d’ouvrir un magazine, littéraire ou généraliste, pour tomber dessus. Quoi ? Mais les listes, classements et bilans de fin d’année, pardi ! En attendant ceux de fin de décennie dans une poignée de semaines… En matière littéraire, on a déniché un marronnier dont on se demande un peu la raison d’être : la liste des vingt meilleurs livres. D’où sort ce chiffre de vingt ? Et pourquoi pas dix ? Mystère, mais peu importe, la presse a ses raisons que nous simples lecteurs ne pouvons pas connaître.

Début du mois de décembre, Le Point et Lire ont déjà sortis leur top 20. Le point commun : l’absence des lauréats du Goncourt et du Renaudot, alors que quelques mois auparavant, dans ces mêmes colonnes, Un roman français de Beigbeder et Trois femmes puissantes de Marie NDiaye étaient considérés comme absolument incontournables… Seul le prix Médicis avec L’énigme du retour de Dany Laferrière est dans le classement de Lire.
Deux ouvrages figurent dans les deux listes : D’autres vies que la mienne d’Emmanuel Carrère et Le lièvre de Patagonie, l’autobiographie de Claude Lanzmann. Au Point, on retient également Les heures souterraines de Delphine de Vigan, un temps considéré comme favori pour le Goncourt. Quant au mag dirigé par François Busnel, il choisit comme meilleur roman de l’année Et que le vaste monde poursuive sa course folle de Colum McCann, le livre éminemment politique de l’irlando-américain. Pour le reste, il mise sur des valeurs sûres : Exit le fantôme de Roth ou Un pays à l’aube de Lehane. Et, petite surprise, une catégorie roman gonzo, avec Comme la grenouille sur son nénuphar de Tom Robbins aux éditions Gallmeister…

Pour ma part, la liste que je préfère retenir est celle de l’équipe littéraire de Fluctuat avec laquelle je me sens plus en phase, même si je n’ai pas lu la majorité des livres - exception faite de l’excellent Une partie du Tout de Steve Toltz dont la chronique sur ce blog se fait plus qu’attendre.
Et pour vous le meilleur roman de cette année, c’est quoi ? J’attends vos réponses pour organiser ma session de rattrapage lors des prochaines vacances !

La sélection de la rédaction de Fluctuat :

1. David Mitchell, Le Fond des forêts
2. Emmanuel Carrère, D’autres vies que la mienne
3. Steve Toltz, Une partie du tout
4. Junot Diaz, La Brève et merveilleuse vie d’Oscar Wao
5.
David Foster Wallace, La Fonction du balai
6. Jack O Connell, Dans les limbes
7. Véronique Ovaldé, Ce que je sais de Vera Candida
8. Charles Bock, Les Enfants de Las Vegas
9. Edgar Hilsenrath, Fuck America
10. Dominic Cooper, Vers l’aube

A consulter : les deux listes sur le Carnet de lecture de Solenn.

Crédit photo : http://rooms.tumblr.com

Le Romand de Carrère

Emmanuel CarrèreRaconter la vie des autres est un exercice auquel Emmanuel Carrère a l’habitude de se livrer, et l’écrivain n’a pas attendu D’autres vies que la mienne pour le faire. Il y a dix ans sortait L’Adversaire, son récit-enquête sur Jean-Claude Romand, l’homme qui a passé dix-huit ans à s’inventer une vie qu’il était incapable de mener dans la réalité. Le mensonge a culminé avec l’assassinat de ses parents, de sa femme et de ses enfants. Une histoire à la fois fascinante et morbide qui ne pouvait que retenir l’attention de celui qui a placé la question du double et de l’identité au cœur de son œuvre.

L’Adversaire n’est pas un roman - bien qu’il en ait le souffle romanesque -, ni un récit mais un objet hybride dans lequel Emmanuel Carrère part sur les traces de Romand. En 1993, après avoir assassiné toute sa famille, Jean-Claude Romand tente de se suicider. L’enquête démontre que celui qui se prétendait chercheur à l’OMS n’était pas chercheur, ni même médecin et, pire, qu’il n’était rien. Comme le dit Emmanuel Carrère « le mensonge ne recouvrait rien» : l’homme passait ses journées sur un parking d’autoroute ou à errer dans les forêts de son Jura natal, avant de rentrer chez lui une fois sa prétendue journée de travail terminée. Sa double-vie ne cachait qu’un grand vide.

L’écrivain, qui a assisté au procès et entretenu une correspondance avec Romand, montre très bien les deux facettes du personnage et de son histoire hyper glauque. C’est même toute la réussite d’un livre dont on craint d’abord qu’il ne soit complaisant - ce qu’il n’est absolument pas. Il y a en premier lieu le Romand-victime, entrainé dans la spirale du mensonge et de la mythomanie à la suite d’une histoire banale : son échec en deuxième année de médecine. Un engrenage qui ne s’arrêtera que vingt ans plus tard alors qu’il est sur le point d’être démasqué. A aucun moment, il n’envisage de dévoiler la vérité à ses proches, de peur de les décevoir. Tous l’encouragent même dans le mensonge en ne questionnant pas ses bizarreries, comme sa femme qui, en dix-huit ans de vie commune, ne téléphone pas une seule fois à son bureau…

Mais si la mythomanie est bien une maladie qu’un choc psychologique peut suffire à déclencher, et dont aucun d’entre nous n’est à l’abri, elle n’explique pas tout. Et surtout pas le versant beaucoup moins reluisant du Romand-criminel, auteur de cinq meurtres avec préméditation (dont celui particulièrement horrible de sa femme). Il y a également de nombreuses zones d’ombres et de doutes (le décès accidentel de son beau-père dans un escalier ou son suicide avec des cachets périmés) qui font que la fascination initiale de l’auteur, comme la nôtre, laisse place à une sorte de dégoût…

Crédit photo : magazine Marie-Claire

L’Adversaire
d’Emmanuel Carrère
Folio, 220 pages
★★★★½

Modern Love

Tout le monde ou presque connaît Frank Lloyd Wright, l’architecte qui a inventé la structure en forme de spirale du musée Guggenheim de New York. Pourtant, bien des années avant que ses réalisations ne soient reconnues, c’est sa vie privée qui a fait la une des journaux. Dans Loving Franck, Nancy Horan dévoile l’histoire d’une passion amoureuse qui fut l’un des plus grands scandales américains du début du XXème siècle.

En 1903, Frank Lloyd Wright construit une maison pour Edwin et Mamah Cheney, un couple de Chicago. Cinq ans plus tard, Frank et Mamah quittent les Etats-Unis pour l’Europe afin de vivre leur amour au grand jour, abandonnant derrière eux femme, mari et enfants (huit à eux deux). Une fuite qui s’explique par les mœurs puritaines de l’époque ainsi que par la place des femmes dans la société. Le monde est alors essentiellement masculin : une femme a le droit de demander le divorce mais, en pratique, elles sont peu nombreuses à avoir assez de force de caractère pour entamer une telle procédure.

Cette fiction historique est passionnante a plus d’un titre. D’abord, elle permet de plonger dans le processus créatif d’un des plus grands architectes du siècle dernier. Aussi surprenant que cela puisse paraître, ses théories sur l’architecture organique sont toujours d’actualité. Et il n’y a qu’à regarder ses constructions les plus célèbres pour comprendre que l’homme était un visionnaire. Loving Frank est également l’histoire d’une femme, Mamah Borthwick, dont le parcours se confond avec celui de l’émancipation féminine. En Europe, elle fait la découverte des théories d’Ellen Key, une philosophe féministe, qui l’amène à s’interroger sur la place des femmes dans la société. Et à réaliser que le rôle de mère ne suffit pas à son bonheur. Une liberté et une indépendance qu’elle paye le prix fort puisqu’elle va passer cinq années séparée de ses enfants.
Mais toute passion amoureuse a ses limites et le couple, hanté par la culpabilité, décide de rentrer aux Etats-Unis. Dans le Wisconsin, à Taliesin, Frank Lloyd Wright met en pratique ses théories en construisant la maison du bonheur, tandis que la presse, déchainée par la nouvelle de leur retour, s’acharne sur le couple…

Vous voulez connaître la suite ? Ne comptez pas sur moi pour la raconter ! Dévoiler ne serait-ce qu’une infime partie de l’histoire entamerai la force romanesque d’un livre que l’on a du mal à lâcher jusqu’à sa conclusion finale…

Le site du livre, très complet : photos, vidéos, lettres de Mamah Borthwick…

Loving FrankLoving Frank
de Nancy Horan
Editions Buchet Chastel
539 pages, 25€
★★★★☆

Chroniques Frénétiques, suite

Chroniques FrénétiquesLes Chroniques Frénétiques, ça vous dit quelque chose ? Non ?  Petit rappel : en 2006, Patrick Bénard est le lauréat du premier concours de manuscrit organisé par le magazine Technikart. A la clé, la publication et la distribution du livre avec le numéro d’été du magazine. Une chance qui s’est révélée toute relative pour l’auteur, puisque l’opération a quelque peu tourné au vinaigre : ses Chroniques ne furent jamais distribuées en librairie - comme cela devait initialement être le cas. Par la suite, les possibilités de convaincre un éditeur de publier un livre… déjà publié se sont avérées, évidemment, très minces.

Une situation difficile pour l’Auxerrois qui n’a néanmoins jamais perdu de vue l’idée d’une réédition. Aujourd’hui, après moult péripéties, Patrick Bénard a décidé de se tourner vers l’impression à la demande. Une solution « bâtarde », comme il l’avoue lui-même, mais qui a au moins le mérite de faire exister un texte qui lui tient à cœur. Si vous avez raté ce petit opus lors de sa sortie - et à moins d’avoir acheté le numéro de l’été 2007, c’est forcément le cas -, il est enfin possible de se le procurer.
Une bonne nouvelle qui s’accompagne pour Patrick de plusieurs projets : un recueil de micro-nouvelles et une fiction autour du rock (avec un éditeur, cette fois) dont on aura sûrement l’occasion de reparler ici…

Chroniques frénétiques, une histoire intime du rock
de Patrick Bénard
www.thebookedition.com (14€ + frais de port 2,22€) et à la librairie Obliques à Auxerre.

La playlist du livre, à écouter sur Deezer

Mon avis sur les Chroniques : lire le billet Rock Intime
Mon article sur l’opération manuscrit de Technikart : lire le billet Jeune plume cherche éditeur
L’excellent billet de Magda sur Patrick Bénard : lire le billet Interview Collector

La tentation du tag

Le méprisUne pile de livres non chroniqués qui grandit de jour en jour, des billets commencés et abandonnés… Je n’ai d’autre choix que de céder à la tentation du tag - un billet vite fait à peu de frais. Merci Thierry !

Plutôt corne ou marque-page ?
Je ne corne pas mes livres, alors marque-page, sans hésitation.

As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?
Evidemment, mais qui n’en a jamais reçu ? Ceux à qui on n’offre pas de livres ne sont surement pas de grands lecteurs, à fortiori des blogueurs littéraires… Le dernier livre qu’on m’a offert, c’était il y a quelques mois : L’histoire des Clash, avec une belle couverture rose fluo, aux éditions du Diable Vauvert.

Lis-tu dans ton bain ?
Non, pas vraiment pratique. Mais un magazine à la rigueur…

As-tu déjà pensé à écrire un livre ?
Oui, comme 32 % des français selon un sondage du Figaro (3% des personnes interrogées avouent même avoir écrit un manuscrit). Rien de très original donc dans cette réponse. Mais loin de moi l’idée d’écrire un roman. Le livre que j’ai en tête s’apparenterait plus à un livre d’enquête sur un thème qui nécessiterait des recherches et des entretiens. Reste juste à trouver le sujet !

Que penses-tu des séries en plusieurs tomes ?
Il y a quelques années, j’ai dévoré les Chroniques de San Francisco, un excellent souvenir de lecture. J’aime suivre l’évolution des personnages dans le temps (comme dans les séries télés) et c’est la raison pour laquelle j’apprécie la saga de Poppy Z. Brite sur Rickey et G-man, deux cuistots de la Nouvelle-Orléans. Malheureusement, l’auteure a décidé d’y mettre fin après le passage de l’ouragan Katrina à la Nouvelle-Orléans (sa ville natale) en 2005.

As-tu un livre culte ?
Pas un mais plusieurs. Là, forcément, on parle de classiques, notamment Le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde, L’amant de Lady Chatterley de D. H. Lawrence ou Gatsby le magnifique de Fitzgerald. Parmi les romans d’écrivains vivants, il y a Le bûcher des vanités de Tom Wolfe ou n’importe quel roman de Bret Easton Ellis.

Aimes-tu relire ?
Je relis deux sortes de livres. Des classiques qui m’ont marqué et dont j’aime retrouver les personnages et l’ambiance. C’est le cas des grands romans de la littérature anglaise du XIXème siècle. Orgueil et Préjugés de Jane Austen étant sans doute le livre que j’ai le plus souvent relu (quatre fois). Je relis également des romans que j’ai aimés mais dont le souvenir est vague - voire inexistant…

Rencontrer ou pas les auteurs des livres qu’on a aimé ?

Oui, mais pour leur dire quoi ? Qu’on a aimé leur livre ? Je ne me vois pas dans le rôle de la groupie littéraire - même si certains auteurs sont plutôt sexy ! Sérieusement, rencontrer les auteurs des livres qu’on a aimés, voire adorés, c’est s’exposer à une immense déception. En même temps, ça tombe bien vu que je n’ai absolument aucune chance de rencontrer Bret Easton Ellis ou Martin Amis (qui est de toute manière un vieux grincheux antipathique) !

Aimes-tu parler de tes lectures ?
Heu… si ce n’était pas le cas, je n’aurais pas un blog !

Comment choisis-tu tes livres ?
Dans l’ordre : les blogs, les librairies, la presse, les amis, les émissions littéraires.

Une lecture inavouable ?
Faut-il avoir honte des livres qu’on a lu ? Ou des livres qu’on aime tout en sachant qu’il sont mauvais ? Dans tous les cas, je n’ai rien à déclarer !

Des endroits préférés pour lire ?
Dans le désordre : sofa, chaise longue, lit, plage de sable fin, transat, gazon…

Lire et Manger ?
Je lis souvent des magazines en mangeant. Des livres jamais.

Livres empruntés ou livres achetés ?
J’aime les bibliothèques mais j’y emprunte rarement des livres… parce que je ne trouve jamais ce que je cherche !

As-tu déjà abandonné la lecture d’un livre ?
Oui, se forcer à lire un livre ce n’est pas une bonne idée. Mieux vaut s’arrêter, quitte à reprendre un peu plus tard. Je viens d’abandonner Le Petit Ami de Donna Tartt après deux cent pages (sur les huit cent que compte le livre). C’est une immense déception car son premier opus, Le Maître des Illusions, est surement l’un des meilleurs romans des années 90. Mais ici l’absence totale d’intrigue combinée à des phrases d’une longueur interminable m’a complètement rebuté…

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