Absolutely Fabulous !

Eddy et Patsy à New YorkEddy et Patsy, deux prénoms qui évoquent irrésistiblement les héroïnes d’Absolutely Fabulous, la série la plus déjantée et la plus folle des 90’s. Créée par Jennifer Saunders, Ab Fab est dans la lignée des grandes séries produites par la BBC, à l’image de Fawlty Towers dans les années 70 ou plus récemment The Office. Une série qui trouve son origine dans « Modern mother and daughter », un sketch du duo comique French and Saunders, dans lequel les rôles mère/fille étaient complètement inversés. Diffusée de 92 à 96, puis de 2001 à 2003, la série compte 36 épisodes, sans compter les fameux Christmas Specials. Une longévité exceptionnelle pour une série dont seuls les Britanniques étaient capables d’accoucher : qui d’autre, en effet, pour créer une comédie mettant en scène deux femmes égoïstes et infantiles dont la superficialité n’a d‘égale que la méchanceté ?

Ab Fab, c’est d’abord une série sur les femmes : Eddy et Patsy bien sûr, Saffy (la fille d’Eddy), Gran (la grand-mère) et Bubble (la secrétaire déjantée). Les hommes sont quasiment invisibles, à l’exception des deux ex-maris d’Eddy (dont l’un est inévitablement gay) et de son fils Serge, brièvement aperçu dans l’épisode «Gay» de 2002. La série fonctionne sur le principe d’un duo détonnant entre deux copines d’enfance. Edina Monsoon, la fashion victime, à la tête d’une société de relations publiques, dont les rares clientes sont Lulu (une star has been des années soixante) ou l’ex Spice Girl Emma Benton. Et Patsy Stone, ex mannequin, ex égérie des sixties, à l’allure vampirique (elle n’a rien mangé depuis 1973), connue pour sa nymphomanie et sa dépendance à la drogue et à l’alcool. Deux copines qui n’ont qu’un seul mot d’ordre : faire la fête. Et pour qui une journée sans champagne ou virée shopping n’a tout simplement pas de sens. Elles sont malheureusement stoppées dans leurs délires par Saffy, qui est aussi ringarde que sa mère est accro aux tendances. Le ressort comique de la série résidant justement dans cette inversion des rôles entre la mère et la fille. Si plus de quinze ans après sa création, la série n’a pas pris une ride, c’est parce qu’il y a quelque chose de foncièrement jubilatoire dans la vision de ces deux femmes dont l’enveloppe corporelle affiche un bon quarante au compteur, mais dont l’âge mental est resté bloqué à 15 (grand maximum).

Portée par des actrices formidables (Jennifer Saunders, Joanna Lumley, Julia Sawalha, Jane Whitfield, Jane Horrocks) et des dialogues absolument géniaux, parsemés de Darling, Sweetie et autres, Ab Fab est la quintessence de la comédie anglaise. Un cocktail explosif d’absurde et de gags un peu lourds, poussés jusqu’au nonsense total.
On ne s’en lasse pas !

A voir :

L’épisode de French and Saunders qui a donné naissance à Ab Fab : l’essence de la série est concentrée dans ces dix minutes de sketch.
Sur le site de la BBC, des résumés d’épisodes, des photos, des vidéos - très complet.

Extrait :

Desperately Seeking Dylan

Bob Dylan happy !En refermant le livre de François Bon consacré à Bob Dylan, un sentiment étrange parcourt le lecteur. Celui d’en savoir… moins sur Bob Dylan qu’avant sa lecture. Une impression qui ne tient évidemment pas à la qualité du travail du biographe. Au contraire. Bob Dylan, une biographie est un ouvrage dense, fouillé, regorgeant d’anecdotes sur l’icône folk des sixties. En près de 450 pages, l’auteur nous fait revivre la carrière de Dylan, s’attachant principalement aux années soixante. Biographie n’est d’ailleurs pas le mot exact. Reconstitution ou récit serait plus juste, tant ce livre s’éloigne des cannons habituels de la biographie rock. En premier lieu, car l’auteur ne prétend pas à l’exhaustivité, ce n’est pas une encyclopédie de Dylan. Mais une biographie subjective dans laquelle l’auteur n’hésite pas à expliquer ce que lui, François Bon, faisait à tel moment clé de la vie de Dylan (ce qui énerve parfois un peu). Ensuite, car l’auteur a le don de ne pas nous emmener là où on a envie d’aller. Certains pans de la vie de Bob Dylan sont occultés, sans qu’on sache si c’est par manque d’informations ou par choix délibéré. Par exemple la relation entre Dylan et Joan Baez : le lecteur a envie de connaître les détails de la romance entre les deux plus grandes stars du folk de l’époque. Mais François Bon botte en touche. Pour en savoir plus, il faudra regarder ailleurs.

Alors, à quoi tient cette impression que le mystère s’épaissit à mesure qu’on avance dans le livre ? A la personnalité de Dylan lui-même, bien sûr. Qui donne une des clés du mystère : « pour me comprendre, il faut aimer les puzzles. » Certes, mais un drôle de puzzle tant les pièces sont protéiformes. Sans compter les nombreuses pièces manquantes, vu le mutisme du personnage. Mais en effet, il n’y pas grand chose de commun entre le Dylan qui arrive à New York en 1961 avec des rêves de gloire, et le Dylan post-Newport, qui s’embarque dans une tournée marquée par les sifflets et les huées. Il n’a alors que vingt-cinq ans mais donne soudain l’impression d’en avoir cent, une constante, puisque le personnage semble toujours plus âgé qu’il ne l’est réellement.

Si le livre de François Bon met en avant un personnage complexe, aux multiples facettes, à des années lumières par exemple d’un Mick Jagger, c’est également une formidable plongée dans le processus de création musical. A ce titre, la genèse de certains enregistrements d’albums est tout à fait passionnante. Et il faut toute l’érudition musicale de l’auteur pour souligner, ici, un accompagnement au piano, là, la particularité d’un accord de guitare. Du coup, en lisant ce livre, on n’a qu’une envie : écouter la bande-son.

★★★★☆
Bob Dylan, une biographie
de François Bon
Le livre de poche
465 pages

Bob Dylan, une biographie est le deuxième tome d’une trilogie rock sur les années soixante, le premier tome étant consacré aux Rolling Stone et le dernier, sorti en septembre 2008, à Led Zeppelin.

Crédit photo : Barry Feinstein, 1966
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Sur la corde r☭uge

mausoleeLe mausolée situé en plein cœur de Sofia est l’emblème du communisme bulgare. Construit en 1954, l’édifice abrite les reliques du corps de Gueorgui Dimitrov, le « père de la nation ». Une fois dans leur vie, à l’occasion d’une sortie d’école, les enfants bulgares effectuent ce pèlerinage. Ce que Milena, huit ans, ressent en descendant les marches du Mausolée, sa mère l’a ressenti avant elle : l’odeur de formol, le froid, l’étrangeté du corps. Cette répétition des gestes et des comportements est un des rouages essentiels du régime, l’élément indispensable à sa longévité. Et puisque ces us et coutumes perdurent de génération en génération, rien de surprenant à ce qu’il en soit de même de la peur et des traumatismes.

Mausolée, quatrième roman de l’écrivain Rouja Lazarova, révèle l’étendue des dégâts causés par cinquante ans de totalitarisme. Dans ce superbe roman, l’écrivain décortique la vie quotidienne au temps du communisme. Avec une émotion souvent à fleur de peau, puisque l’auteur a vécu en Bulgarie jusqu’en 1991, date à laquelle elle est venue s’installer en France. Ce qui intéresse l’auteur, c’est l’intime. Et plus particulièrement la manière dont le régime s’est immiscé au plus profond des individus pendant un demi-siècle. Ici, ni chiffres, ni statistiques, pour dresser le livre noir du communisme. Pas de pathos non plus. Selon Rouja Lazarova, les Bulgares n’étaient pas les plus mal lotis du bloc de l’est. N’empêche, le tableau est carrément sombre.

L’auteur trace le portrait de trois générations de femmes : la grand-mère, Gaby - 20 ans en 1944 lors de la création du régime, la mère, Rada, et la petite fille, Milena, qui assistera à la fin du régime en 1989. Trois femmes qui sont ce que l’auteur appelle des « funambules du socialisme », une frange de la société qui n’est pas membre du parti (seuls les éléments les plus prometteurs du socialisme étaient « invités » à s’inscrire) et qui déteste les communistes. Et qui n’a d’autre choix que de se taire. La famille est marquée par la disparition de Peter, le mari de Gaby, fusillé en 1946 « pour avoir contribué, par ses activités de jazzman, au pourrissement de l’esprit prolétarien ». Alors, de mère en fille, on se révolte en silence. On subit les mensonges d’Etat, les tracas et les absurdités du quotidien. Et ces petites histoires mises bout à bout dressent le tableau du plus grand mensonge du XXème siècle : il y a les disparitions, comme celle de Sacho le violon, une figure emblématique de Sofia qui, un jour, s’évapore en pleine rue ; les cours où on apprend à démonter une kalachnikov ; les métiers dont on rêve, kiosquier (à cause de Pif et de son gadget - le plus beau jouet dont on puisse rêver) ou standardiste (pour pouvoir écouter toutes les conversations). Et puis il y a la peur permanente d’être dénoncé par des voisins zélés membres du parti. A partir des années 70, le régime perd progressivement de sa superbe. La jeunesse de Milena n’est plus tout à fait celle de sa mère - même « la répétition la plus soigneusement orchestrée finit par s’épuiser ». En 1990, le régime s’écroule, on démonte les statues. Enfin. La partie visible du communisme disparaît. Pour le reste, il faudra des années avant que les blessures ne s’effacent complètement.

Roman lu dans le cadre du prix de la Révélation 2009

Mausolée
de Rouja Lazarova
éditions Flammarion
331 pages, 19 €

Mad men saison 1

mad menDébut des années 60, juste avant l’ère Kennedy : sur Madison Avenue les agences de publicité pullulent. Parmi elles, Sterling Cooper, une agence à taille humaine, encore conviviale malgré les budgets colossaux qu’elle brasse et les jeunes cadres aux dents longues qui y font leurs premières armes. Au sein de l’agence, Don Draper est un des meilleurs créatifs, un homme énigmatique, marié et père de deux enfants, capable de retourner un client indécis grâce à ses fulgurances verbales. Autour de lui, gravitent une armada de publicitaires, de secrétaires et de standardistes. Tous incarnent l’Amérique triomphante des années 60.

Autre époque, autres mœurs : Mad Men plonge le spectateur dans un monde qui n’existe plus. Un monde où tout le monde fume tout le temps. Ce qui est incroyablement sexy. Un monde où, si l’on s’en tient aux critères d’aujourd’hui, tous les hommes sont des alcooliques. Pas un rendez-vous ni un meeting sans que Don et ses hommes ne se servent de copieuses rasades d’alcool, que ce soit au bureau ou ailleurs. Et enfin un monde où tous les maris trompent leurs femmes et où les femmes ne trompent pas leurs maris. Non, elles les attendent sagement à la maison, vêtues de combinaisons de soie, le repas sur la table de la salle à manger. Inévitablement, elles sont toutes au bord de la dépression, plus desperate que n’importe quelle desperate housewife des années 00. Comme le montre très bien la série, elles sont complètement sous la tutelle des hommes et c’est avec stupéfaction qu’elles découvrent les premières femmes divorcées.

Si en seulement quelques épisodes Mad Men (amalgame entre Ad men et Madison avenue) s’est imposé comme ma nouvelle série préférée, c’est d’abord parce qu’elle est visuellement parfaite. La reconstitution historique est d’une exactitude sans faille. S’il y a des anachronismes dans la saison 1, ils m’ont en tout cas échappé. Qu’il s’agisse des décors, des vêtements ou des objets du quotidien, l’attention aux détails les plus infimes est époustouflante. La série semble incroyablement rétro mais préfigure parfaitement notre époque : les produits sur lesquels l’équipe de Don Draper développe des campagnes sont souvent familiers. Par ailleurs, le cynisme des Mad Men montre bien comment la publicité a totalement perverti le système capitaliste en créant des besoins pour des produits dont nous n’avons justement aucun… besoin.

Alors que se passe t-il dans cette série si géniale ? Et bien, pas grand chose et c’est justement ce qui fait tout son charme. Mais si le spectateur a cette impression, c’est parce que les personnages se cherchent en permanence. Perdus dans un monde moderne qui s’accélère davantage chaque jour. De plus, les choses sont souvent esquissées, d’abord suggérées puis dévoilées : les secrets n’explosent pas au grand jour, ils sortent petit à petit.
Avec Mad Men, on quitte les territoires balisés d’une série télé pour basculer dans de ce qui pourrait être qualifié de cinéma sérialisé : la série est servie par un travail de photographie exceptionnel, avec des plans fixes magnifiques dont les coloris fauves et la lumière sombre évoquent les toiles de Edward Hopper. Il s’en dégage d’ailleurs la même impression de mystère et de nostalgie.

Mad Men Saison 1
Créée par Mattew Weiner
13 épisodes
Saison 2, en ce moment sur Canal +
Diffusion de la saison 3 à partir du mois d’août (US)

Playlist #3 : David Foenkinos

david_foenkinosLa playlist est de retour… Bon, c’est vrai que depuis que Télérama a publié un dossier pharaonique sur les dix livres cultes d’une centaine d’écrivains, le cœur n’y était plus. Néanmoins, David Foenkinos a répondu à mon questionnaire, il y a déjà quelques mois. Et il ne fait pas partie des écrivains qui ont dévoilé leurs livres préférés au magazine. De là à affirmer que l’auteur du Potentiel érotique de ma femme a voulu privilégier mon blog, il n’y a qu’un pas… que je ne franchirai pas ! Il faut quand même pas exagérer. Mais chut… je vais vous confier un secret… tout au fond de moi, je suis sûre que c’est vrai !

Livres cultes
1. Les Démons - Dostoïevski
“Pour la folie”
2. Belle du Seigneur - Albert Cohen
“Pour l’humour”
3. La Télévision - Jean-Philippe Toussaint
“Pour voir un chauve en pyjama”
4. Le paysan de Paris - Louis Aragon
“Pour l’expression la dictature de la sensualité
5. L’illusion comique - Bernard Frank
“Pour les numéros de téléphone Odéon 32-40″
6. Cosmos - Witold Gombrowicz
“Pour la façon de décrire une bouche”
7. L’immortalité - Milan Kundera
“Car l’héroïne naît d’un geste”
8. Un homme - Philip Roth
“Toute une vie en 150 pages”
9. Lolita - Vladimir Nabokov
“Pour la dictature de la sensualité en trois syllabes”
10. Rue des boutiques obscures - Patrick Modiano

“C’est toujours le même livre, mais j’ai envie de choisir celui-là aujourd’hui”
11. La possibilité d’une île - Michel Houellebecq
“Même si les gens adorent dire que son premier livre est le meilleur, j’ai une passion pour ce dernier, et notamment la troisième partie, d’une beauté poétique absolue.”

Ecrivain préféré
“Sûrement Albert Cohen. C’est en le lisant que j’ai compris comment écrire.”

Un livre que vous aimez offrir
“Ca pourrait être Le Paysan de Paris de Louis Aragon et Solal d’Albert Cohen en buvant un verre de vin rouge un lundi soir.”

Dernier coup de cœur littéraire
“Le nouvel amour de Philippe Forrest. Car j’ai été impressionné par la description de la mécanique du retour au désir, et la puissance de ce désir.”

Un livre que vous aimez relire
“L’insoutenable légèreté de l’être de Milan Kundera car il me rappelle ma première émotion littéraire.”

As Time Goes By

A quoi se résume une existence ? Quels souvenirs laisse t-on derrière soi ? Combien d’années, avant que la dernière personne à nous avoir connu, emporte avec elle la preuve de notre existence ? C’est à ces questions et à tant d’autres que tente de répondre Annie Ernaux dans son magnifique roman, Les Années.

L’autofiction irrite de nombreux lecteurs. Elle insupporte même. Et c’est vrai que parfois ce grand déballage du moi a de quoi désarçonner même les plus convaincus. Mais il arrive aussi que ces livres nous happent, nous interpellent et nous passionnent, autant par leurs qualités d’écriture que par les témoignages qu’ils apportent. Le livre d’Annie Ernaux fait partie de ceux-là. L’auteur porte en elle depuis de nombreuses d’années le projet de « mettre en forme par l’écriture son absence future ». Une manière somme toute de laisser sa trace. Jusque-là rien de très original. Ce qui l’est par contre, c’est la manière qu’a choisit l’auteur de rendre compte de son existence et du temps qui passe.

C’est par le biais de photos, prises comme point de départ pour « recoller ses souvenirs », que la narratrice choisit de se raconter. Une photo aux teintes sépia lorsqu’elle est enfant, puis des clichés en noir et blanc, des tirages couleurs, enfin un film en super 8 ou une cassette vidéo. A chaque document correspond une époque, des évènements marquants, des référents culturels - les livres qu’on lit, la musique qu’on écoute. Et les rêves qu’on fait bien sûr.
Ce qu’il y a de fascinant dans ce procédé, c’est qu’il permet d’appréhender le temps qui s’écoule d’une manière totalement nouvelle. Et de comprendre ce que cela implique de grandir dans une décennie plutôt qu’une autre : qu’est-ce que cela fait d’avoir vécu la guerre quand on est enfant ? Qu’est-ce que ça formate pour plus tard ?

Mais le livre d’Annie Ernaux va bien au-delà de la simple autobiographie. Car l’auteur n’utilise pas la première personne du singulier mais un « nous » collectif qui donne une portée universelle à son roman. De fait, le lecteur se sent immédiatement concerné par cette histoire qui, s’il est n’est pas la sienne, est peut-être celle de ses parents ou de ses grands-parents. Pas de nostalgie, ni de regret, l’écriture distanciée d’Annie Ernaux n’y laisse pas place. Et tant mieux car ce n’est pas la peine d’en rajouter tant il y a quelque chose de profondément touchant et émouvant dans ce défilement d’une vie entière résumée sous nos yeux. Et dans ces questionnements que tout un chacun sera amené un jour à se poser.

Les Années
de Annie Ernaux
éditions Gallimard
242 pages,17€

couv

Californication

californicationDiffusé aux Etats -Unis depuis 2007, Californication signe le grand retour de David Duchovny sur le petit écran. Dix ans après X Files, l’ancien agent spécial Fox Mulder est le héros récurrent d’une nouvelle série. Mais rien à voir avec le personnage lisse de la série culte des années 90, Californication se veut résolument irrévérencieuse. Et au vu des premiers épisodes, le pari semble réussi : la série détonne carrément dans le paysage télévisuel US.

Duchovny interprète le rôle de Hank Moody, un écrivain atteint du syndrome de la page blanche. Un type amer qui a du mal à se remettre de sa rupture avec sa femme. Les personnages qui gravitent autour de lui sont, Charlie, son agent (dont la secrétaire s’avère être une suicide girl férue de SM), son ex Karen, et sa fille de 14 ans, Becca. Dans ses années fleuve, il a vendu les droits de son premier roman à un studio hollywoodien, qui l’a transformé en une bluette romantique. De cette expérience ratée, Hank garde une rancœur tenace contre le réalisateur, qu’il prend un malin plaisir à humilier en public. Déprimé, il écume les librairies à la recherche de potentielles groupies qu’il emballe à la seule mention de son nom. Et comme il n’écrit plus, il a tout son temps pour picoler, fumer, draguer et baiser. Et accessoirement tenir un blog pour Hell A magazine. Hank est donc l’archétype du sale type… plutôt sympathique : un quadra incapable de grandir qui, tant bien que mal, tente de s‘occuper de sa fille et de récupérer son ex dont il est toujours amoureux. Mais le ton initial très Sex, Rock and Literature laisse progressivement place à un show… familial. Et c’est là où justement le bât blesse. Car les scénaristes font constamment le grand écart entre deux impératifs incompatibles : faire de Hank Moody un Bukowski moderne (les références à l’écrivain sont nombreuses) tout en caressant dans le sens du poil le spectateur américain moyen. Et à trop vouloir satisfaire tous les publics, Californication se perd. Car si les aventures de Hank en grand fornicateur sont très réussies, les scènes avec son ex tendent à rapprocher la série d’un sitcom répétitif des années 90. Sans compter que l’actrice qui interprète Karen (Natascha McElhone) est particulièrement exaspérante avec ses grands yeux écarquillés en permanence.

Dommage, car voilà une série qui sur le papier avait tout pour me plaire. Reste que Californication est à voir pour quelques scènes hilarantes (notamment  l’épisode 10) qui, à n’en pas douter, deviendront cultes et une bande-son sans reproche (Rolling Stones, Foo Fighters…). Rien à redire non plus sur l’interprétation de Mulder Duchovny qui excelle dans le rôle de l’écrivain paumé. Mais la dernière seconde de l’épisode final a en ce qui me concerne scellé le sort de la série : je ne regarderai pas la saison 2.

Californication
Crée par Tom Kapinos
avec David Duchovny, Natascha McElhone, Evan Handler
Saison 3 diffusée à la rentrée 2009 sur Showtime (US)

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