Californication
Posté le 13 juin 2009
Catégorie séries
Diffusé aux Etats -Unis depuis 2007, Californication signe le grand retour de David Duchovny sur le petit écran. Dix ans après X Files, l’ancien agent spécial Fox Mulder est le héros récurrent d’une nouvelle série. Mais rien à voir avec le personnage lisse de la série culte des années 90, Californication se veut résolument irrévérencieuse. Et au vu des premiers épisodes, le pari semble réussi : la série détonne carrément dans le paysage télévisuel US.
Duchovny interprète le rôle de Hank Moody, un écrivain atteint du syndrome de la page blanche. Un type amer qui a du mal à se remettre de sa rupture avec sa femme. Les personnages qui gravitent autour de lui sont, Charlie, son agent (dont la secrétaire s’avère être une suicide girl férue de SM), son ex Karen, et sa fille de 14 ans, Becca. Dans ses années fleuve, il a vendu les droits de son premier roman à un studio hollywoodien, qui l’a transformé en une bluette romantique. De cette expérience ratée, Hank garde une rancœur tenace contre le réalisateur, qu’il prend un malin plaisir à humilier en public. Déprimé, il écume les librairies à la recherche de potentielles groupies qu’il emballe à la seule mention de son nom. Et comme il n’écrit plus, il a tout son temps pour picoler, fumer, draguer et baiser. Et accessoirement tenir un blog pour Hell A magazine. Hank est donc l’archétype du sale type… plutôt sympathique : un quadra incapable de grandir qui, tant bien que mal, tente de s‘occuper de sa fille et de récupérer son ex dont il est toujours amoureux. Mais le ton initial très Sex, Rock and Literature laisse progressivement place à un show… familial. Et c’est là où justement le bât blesse. Car les scénaristes font constamment le grand écart entre deux impératifs incompatibles : faire de Hank Moody un Bukowski moderne (les références à l’écrivain sont nombreuses) tout en caressant dans le sens du poil le spectateur américain moyen. Et à trop vouloir satisfaire tous les publics, Californication se perd. Car si les aventures de Hank en grand fornicateur sont très réussies, les scènes avec son ex tendent à rapprocher la série d’un sitcom répétitif des années 90. Sans compter que l’actrice qui interprète Karen (Natascha McElhone) est particulièrement exaspérante avec ses grands yeux écarquillés en permanence.
Dommage, car voilà une série qui sur le papier avait tout pour me plaire. Reste que Californication est à voir pour quelques scènes hilarantes (notamment l’épisode 10) qui, à n’en pas douter, deviendront cultes et une bande-son sans reproche (Rolling Stones, Foo Fighters…). Rien à redire non plus sur l’interprétation de Mulder Duchovny qui excelle dans le rôle de l’écrivain paumé. Mais la dernière seconde de l’épisode final a en ce qui me concerne scellé le sort de la série : je ne regarderai pas la saison 2.
Californication
Crée par Tom Kapinos
avec David Duchovny, Natascha McElhone, Evan Handler
Saison 3 diffusée à la rentrée 2009 sur Showtime (US)
Comments
5 Responses to “Californication”
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Bonjour,
Je référence votre blog dans mon moteur de recherche littéraire.
Cordialement,
Je suis enchanté !
L’an passé, j’ai cru être le seul à avoir quelques réserves sur Californication (notamment son dénouement totalement… bidon).
Tu ne regarderas donc pas la saison 2, et tu ne louperas rien, Cf. la seconde moitié de cet article : http://legolb2.blogspot.com/2009/02/en-rade.html
C’est vrai qu’il y a beaucoup d’entousiasme autour de Californication, peut-être parce que tout le monde est ravi de retrouver Duchovny… Toujours est-il que la fin est une vraie castastrophe
Je vais jeter un oeil à ton billet (que j’ai sans doute déjà lu) mais cela me permettra de ne pas flancher
J’ai laissé tombé quand j’ai vu que *bipp* avait volé le bouquin de *bip* et qu’elle s’apprétait à le publier. C’était un peu gros et vraiment improbable que j’ai arreté. Et puis il n’y avait pas tant de sexe que l’on pourrait croire à mater les pubs pour cette série…
Oui, cette histoire de vol de bouquin était assez pénible… Je n’ai pas vu les pubs dont tu parles, mais une chose est sûre, Californication c’est pas Nip Tuck !