Des fleurs pour Dahlia
Posté le 10 juin 2009
Catégorie littérature française
Qui n’a jamais rêvé de ligoter un homme et de lui balancer ses quatre vérités, dans l’espoir de provoquer une réaction ? C’est en tout cas la proposition de Dahlia dans Adore. Une proposition simple, presque naïve, mais résolument rafraichissante. Son premier roman met en scène deux personnages dans l’espace clos d’un appartement parisien : un homme de trente-cinq ans et une femme d’une vingtaine d’années. L’homme, Verlaine, un écrivain, a d’abord été subjugué par l’allure d’Anabel, croisée un soir dans une librairie de Saint-Germain-des-Prés. Leur relation s’est installée dans un crescendo d’orgasmes et de jeux sexuels initiés par la jeune femme. Mais contre toute attente, Verlaine a brutalement mis fin à leur relation. Deux mois plus tard, elle vient demander des comptes à cet homme qu’elle ne peut oublier, malgré l’humiliation de la séparation (il a rompu par SMS). Lorsque Verlaine se réveille engourdi et ligoté, la silhouette qu’il devine est celle d’Anabel. Celle qui aimait tant s’abandonner dans l’intimité d’une chambre mène désormais la danse.
Adore raconte deux versants de la même histoire : pendant qu’Anabel déverse sur Verlaine un flot de paroles, ce dernier, les lèvres scellées avec du chatterton, rejoue le film de leur histoire. C’est bien un dialogue, pourtant impossible, qui s’engage entre Verlaine et Anabel. Et ce sont les flashbacks, une des bonnes idées du livre, qui vont progressivement mettre à nu les sentiments de chacun des protagonistes.
Si certains passages de Adore ne m’ont pas convaincu, notamment celui dans lequel Anabel se lance dans une explication de textes du roman de Verlaine (évoquant les instants les plus pénibles du premier livre de Angie David publié aux éditions… Léo Scheer), je suis malgré tout tombée sous le charme de ce petit livre. Grâce à une écriture élégante et ciselée, Dahlia réussit à rendre parfaitement palpable la peur et le trouble du personnage masculin ligoté dans la moiteur d’un appartement. Si à l’inverse d’autres lecteurs de Adore, j’ai anticipé la fin, cela ne m’a pas empêché de tomber dans les mailles tissées par la fille aux cigarettes noires.
Adore
de Dahlia
M@nuscrits
Editions Léo Scheer
157 pages, 10 €
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4 Responses to “Des fleurs pour Dahlia”
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Même s’il est moins catégorique, ton avis recoupe sur certains points celui d’Ephémerveille qui a publié un billet sur ce livre hier :
http://ephemerveille.hautetfort.com/archive/2009/06/08/a-mon-grand-regret-j-adore-pas.html
La grande différence avec Lucas, c’est que moi j’ai aimé le roman de Dahlia et lui pas du tout
Je trouve qu’il y est allé un peu fort. Adore est un premier roman avec tous les défauts que ça peut avoir, mais pour moi c’est un début prometteur.
Billet instructif: ça fait un moment que j’entends parler de ce livre, et que je me demande si je veux me mettre à sa recherche. A présent, je sais un peu mieux à quoi m’attendre… ou pas. Merci!
Je lirais ton avis sur ce livre avec plaisir… très bientôt peut-être !