Mad men saison 1
Posté le 19 juin 2009
Catégorie séries
Début des années 60, juste avant l’ère Kennedy : sur Madison Avenue les agences de publicité pullulent. Parmi elles, Sterling Cooper, une agence à taille humaine, encore conviviale malgré les budgets colossaux qu’elle brasse et les jeunes cadres aux dents longues qui y font leurs premières armes. Au sein de l’agence, Don Draper est un des meilleurs créatifs, un homme énigmatique, marié et père de deux enfants, capable de retourner un client indécis grâce à ses fulgurances verbales. Autour de lui, gravitent une armada de publicitaires, de secrétaires et de standardistes. Tous incarnent l’Amérique triomphante des années 60.
Autre époque, autres mœurs : Mad Men plonge le spectateur dans un monde qui n’existe plus. Un monde où tout le monde fume tout le temps. Ce qui est incroyablement sexy. Un monde où, si l’on s’en tient aux critères d’aujourd’hui, tous les hommes sont des alcooliques. Pas un rendez-vous ni un meeting sans que Don et ses hommes ne se servent de copieuses rasades d’alcool, que ce soit au bureau ou ailleurs. Et enfin un monde où tous les maris trompent leurs femmes et où les femmes ne trompent pas leurs maris. Non, elles les attendent sagement à la maison, vêtues de combinaisons de soie, le repas sur la table de la salle à manger. Inévitablement, elles sont toutes au bord de la dépression, plus desperate que n’importe quelle desperate housewife des années 00. Comme le montre très bien la série, elles sont complètement sous la tutelle des hommes et c’est avec stupéfaction qu’elles découvrent les premières femmes divorcées.
Si en seulement quelques épisodes Mad Men (amalgame entre Ad men et Madison avenue) s’est imposé comme ma nouvelle série préférée, c’est d’abord parce qu’elle est visuellement parfaite. La reconstitution historique est d’une exactitude sans faille. S’il y a des anachronismes dans la saison 1, ils m’ont en tout cas échappé. Qu’il s’agisse des décors, des vêtements ou des objets du quotidien, l’attention aux détails les plus infimes est époustouflante. La série semble incroyablement rétro mais préfigure parfaitement notre époque : les produits sur lesquels l’équipe de Don Draper développe des campagnes sont souvent familiers. Par ailleurs, le cynisme des Mad Men montre bien comment la publicité a totalement perverti le système capitaliste en créant des besoins pour des produits dont nous n’avons justement aucun… besoin.
Alors que se passe t-il dans cette série si géniale ? Et bien, pas grand chose et c’est justement ce qui fait tout son charme. Mais si le spectateur a cette impression, c’est parce que les personnages se cherchent en permanence. Perdus dans un monde moderne qui s’accélère davantage chaque jour. De plus, les choses sont souvent esquissées, d’abord suggérées puis dévoilées : les secrets n’explosent pas au grand jour, ils sortent petit à petit.
Avec Mad Men, on quitte les territoires balisés d’une série télé pour basculer dans de ce qui pourrait être qualifié de cinéma sérialisé : la série est servie par un travail de photographie exceptionnel, avec des plans fixes magnifiques dont les coloris fauves et la lumière sombre évoquent les toiles de Edward Hopper. Il s’en dégage d’ailleurs la même impression de mystère et de nostalgie.
Mad Men Saison 1
Créée par Mattew Weiner
13 épisodes
Saison 2, en ce moment sur Canal +
Diffusion de la saison 3 à partir du mois d’août (US)
Comments
7 Responses to “Mad men saison 1”
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Ah ah ah ^^
Tu peux casser autant de Californication que tu voudras, si c’est pour encenser Mad Men
On est bien d’accord
Et la saison 2, que je viens de commencer, semble être toute aussi excellente que la un…
Ça a l’air super. Et ça a des accents de futur scénario de film, non?
… Euh ? La “publicité a totalement perverti le système capitaliste” ??? Tu lui fais beaucoup d’honneur, trouve-je. Très (très) réducteur comme sentence.
Magda : un film, oui pourquoi pas… mais le passage du petit au grand écran est généralement très décevant
LVE : je ne dis pas que la publicité est la seule à avoir perverti le système capitalisme ! Cela serait effectivement très simpliste
Cela dit, c’est un des éléments, et un ouvrage comme No Logo le montre bien.
Oui, la saison 2 est toute aussi réussie, l’effet de surprise en moins…
… et la trois commence dans un mois pile-poil, je n’en peux plus d’attendre
[…] vous avez lu mon billet sur la saison 1, vous savez que Mad Men est ma série préférée. La saison 2 s’est révélée tout aussi […]