Sun City

Après avoir lu un article dans la presse allemande, le photographe Peter Granser décide de se rendre à Sun City, première ville américaine construite exclusivement pour des retraités. Pour pouvoir résider dans cette ville érigée en plein milieu du désert de l’Arizona, il faut avoir au moins 55 ans. En tout logique, il n’y a ni enfants ni écoles dans les rues de cette drôle de ville. Et aucun bruit ni aucune agitation ne vient troubler la retraite paisible de ces américains fortunés. D’où l’ambiance totalement irréelle des photos du jeune photographe d’origine autrichienne. Celle d’un monde artificiel. Un sentiment accentué par les couleurs légèrement délavées des photos.
Aux Etats-Unis, on compte aujourd’hui près de 175 villes de ce type. On les appelle des unincorporated area car elles sont complètement privées (même la police l’est). Autogérées par les habitants, elles sont encerclées de grillages pour en contrôler l’accès et se protéger du monde extérieur.
Avec ce travail étonnant et remarquable, Granser s’inscrit dans la lignée de l’américain Stephen Shore et de l’anglais Martin Parr, autre grand photographe sociologue de notre époque.

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Passé ou futur, on ne sait pas vraiment. Cette photo évoque une image de SF un peu désuète.

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40 000 personnes vivent dans des maisons identiques les une aux autres.
Même les policiers ont l’âge de la retraite. Le soir venu, tous les invités de Sun City sont priés de déguerpir pour sécuriser la ville.

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Les décorations des jardins sont très kitsch. Ici, ambiance flamands roses et plastique…

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… ou cactus bien alignés et gravier propre.

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Les décorations intérieures valent également le coup d’œil. Ici une cuisine.

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Une journée ordinaire à Sun City : hot dogs party !

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Last but not least. Les habitants de Sun City sont très patriotes. Le drapeau américain est vraiment partout !

Photos : © Peter Granser / courtesy galerie Kamel Mennour

Sun City
Photographies de Peter Granser
Du 5 juin au 18 juillet 2008
Atelier de Visu, Marseille (13)

Peter Granser : site

Patti Smith Land 250

Tour Eiffel De Patti Smith, on connaît l’album Horses, précurseur du mouvement punk new-yorkais. Son look androgyne, immortalisé par Robert Mapplethorpe sur la pochette de l’album, devenu l’emblème du style rock chic. Les autres facettes de la production de la chanteuse étant moins connues, une expo à la fondation Cartier permet justement de découvrir son univers, notamment à travers ses photos.

En descendant les marches qui mènent au sous-sol de la fondation, on entre dans l’intimité de l’artiste. Des boites vitrines accrochés aux murs enferment des photos en noir et blanc, alors que des écrans plats diffusent des films réalisés par Mapplethorpe ou Robert Frank ; suspendues au plafond, des enceintes, d’où jaillit la voix de Patti Smith ; au centre, un canapé, avec deux grands fauteuils style club en cuir vieilli, et des armoires de bois blond remplies de carnets, de photos et d’objets personnels… Très rock’n'roll tout çà.

J’ai tout de suite été happée par les images prises par Patti Smith avec son fameux Land 250. Les polaroïds évoquent des objets du quotidien, des souvenirs de voyage, des reliquats de pèlerinage dans des cimetières ou à Charleville-Mézières (lieu de naissance de Rimbaud). Les pierres tombales côtoient des statues, les routes de campagne des vues de paris, sans compter toute l’imagerie rock (guitares, amplis, etc.). Des photos toutes simples qui, juxtaposées les unes aux autres, construisent un univers fort et très intime. Contrairement aux polaroïds, les dessins et l’installation ne m’ont pas laissé une grande impression. Les premiers semblaient un peu perdus dans l’espace, pas vraiment raccord avec le reste de l’expo. Quant à l’installation, une pièce funéraire ode à Robert Mapplethorpe, son ancien compagnon décédé, je l’ai trouvée carrément too much. Surjouée et pas à sa place.

Patti Smith Land 250
Jusqu’au 22 juin 2008
Fondation Cartier
261, bd Raspail 75014 Paris

Plus d’infos : Fondation Cartier

Vivo in Typo

En ce dimanche d’avril, entre pluie et soleil, direction l’Espace Topographie de l’Art, au coeur du marais, pour découvrir Vivo in Typo, l’exposition consacrée aux travaux de Philippe Apeloig. Dans un grand espace lumineux, un hangar à la déco très brut, le graphiste expose une trentaine d’affiches et une vidéo de lettres animées.

Depuis 20 ans, Apeloig a travaillé pour les plus prestigieuses institutions, comme le musée d’Orsay ou le musée du Louvre (dont il est le directeur artistique, depuis 2003). Il réalise également l’identité visuelle de diverses manifestations culturelles - la Fête du livre d’Aix en Provence, le festival Brésil Brésils, et des entreprises (la SNCF, par exemple). La base de son travail, c’est la lettre. Le mot qu’il coupe, qu’il tord, qu’il transforme et assemble pour créer une image. Son style est épuré et minimaliste, fonctionnel même. Avec le temps, il utilise de moins en moins le support photographique.

Cette expo à l’Espace Topographie présente son travail d’affichiste et ses créations typographiques. Les affiches sont suspendues au plafond par des filins, avec au verso de grandes lettres imprimées en noir et blanc.


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J’aime aussi son travail pour l’Association des Bibliothécaires de France. La typo créée pour l’occasion est composée de cinq formes (2 rectangles et 3 ronds). De simple feuilles de papier  A4, dont les coins sont repliés et colorés, deviennent des lettres (The P.O.S.T.E.R).

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Vivo in Typo
Philippe Apeloig
12 Avril - 25 Mai 2008

Espace Topographie de l’Art
15, rue de Thorigny 75003 Paris
du mercredi au dimanche de 15 h à 19 h
Entrée libre

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