Autofrictions
A 20 ans, Louise épouse en grandes pompes son amour d’enfance, fils du meilleur ami de son père (membre comme le sien de l’intelligentsia parisienne). Jeune, beau et plein d’ambitions, Adrien est follement amoureux de Louise. Mais voilà, des vacances avec son beau-père et sa petite amie, Paula, transforment le prince charmant en vilain crapaud, et le conte de fée en mauvais vaudeville. Adrien pique la fiancée de son père et quitte Louise.
Second roman de Justine Lévy, Rien de Grave raconte la descente aux enfers de Louise, après sa rupture. L’auteur décrit avec des mots simples et beaucoup de justesse les situations difficiles que vit son héroïne (divorce, addiction aux amphétamines, cancer de sa mère et décès d’un proche), sans tomber dans le pathos. Ce n’est donc pas un livre déprimant, la rupture avec Adrien marquant finalement la renaissance de Louise et son passage à l’age adulte. L’écriture est fluide, légère même, rythmée par des phrases parfois très longues mais qui ne nuisent pas à la lecture.
Reste une question, évidemment. Fiction ou autobiographie ? Autobiographie, bien sûr ! Et nous savons tous qui est qui : Louise, c’est Justine Lévy, la fille de Bernard-Henri Lévy ; Adrien, son ex-mari, c’est Raphaël Enthoven, et la méchante Paula (surnommée Terminator dans le roman), c’est évidemment… Carla B., devenue depuis première dame, comme ça n’aura échappé à personne.
Rien de Grave n’est pourtant pas le énième livre d’une « fille de ». S’il est certes possible d’identifier tous les protagonistes, il n’y a pas d’exhibitionnisme, et le lecteur ne se sent pas dans une position de voyeur. Même si, il faut bien l’avouer, certaines descriptions de Paula sont assez jubilatoires - d’autant plus que ces derniers mois la réalité a carrément rattrapé la fiction !
Au total, Rien de Grave est un roman prenant et attachant, comme son héroïne, tour à tour léger et grave. A lire sans à priori.
Rien de Grave
de Justine Lévy
Livre de Poche
5,50 euros.







