Ce que j’ai lu

Posté le 9 septembre 2009 
Catégorie listes etc. | 13 commentaires

Des listes de livres qu’il faut « absolument avoir lus » sous peine de passer pour un crétin, il en existe un grand nombre. Il y a « les 1001 livres qu’il faut avoir lus dans sa vie », « les 201 livres pour ne pas mourir idiot », « les 100 livres de la littérature moderne »… Bref, les listes, en veux-tu en voilà, il y en a des dizaines - toutes aussi subjectives les unes que les autres. Dans un moment de pur désœuvrement, j’ai décidé de faire le compte des livres que j’avais lus en me basant sur la bibliothèque idéale du Magazine des livres. Et c’est peu de le dire, mais le résultat n’est pas brillant ! En effet, je n’ai lu que… 27 livres sur les 100 présents dans la liste. J’en ai abandonné six en cours de route, dont Voyage au bout de la nuit. Et je n’ai jamais lu A la recherche du temps perdu. Quant aux Misérables, c’est le film que j’ai vu…

LES LIVRES LUS
Alice au pays des merveilles
de Lewis Carroll
L’Amant de Marguerite Duras
L’Assommoir d’Émile Zola
Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez
Les Chants de Maldoror du Comte de Lautréamont
La Chartreuse de Parme de  Stendhal
L’Étranger d’Albert Camus
La Ferme des animaux de George Orwell
L’insoutenable légèreté de l’être de Milan Kundera
L’Écume des jours de Boris Vian
Le Grand Meaulnes de Alain-Fournier
Les Frères Karamazov de Fiodor Dostoïevski
Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley
Gatsby le Magnifique de Francis Scott Fitzgerald
Le Joueur d’échecs de Stefan Zweig
Last Exit to Brooklyn de Hubert Selby
Madame Bovary de Gustave Flaubert
Le Meilleur des mondes de Aldous Huxley
Mémoires d’Hadrien
de Marguerite Yourcenar
Notre-Dame-des-Fleurs de Jean Genet
Les Particules élémentaires
de Michel Houellebecq
Le Petit Prince de Saint-Exupéry
Le Portrait de Dorian Gray de Oscar Wilde
Le Procès de Franz Kafka
Les Raisins de la colère de John Steinbeck
Robinson Crusoé de Daniel Defoe
Si c’est un homme de Primo Levi

LES LIVRES CULTES
Gatsby le Magnifique de Francis Scott Fitzgerald
Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde

LES LIVRES ABANDONNÉS
La Condition humaine d’André Malraux
Le Festin nu de William Burroughs
Justine ou les Malheurs de la vertu du Marquis de Sade
Montedidio de Erri de Luca
Mrs. Dalloway de Virginia Woolf
Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline

LES LIVRES QUE JE COMPTE LIRE
De sang-froid de Truman Capote
À la recherche du temps perdu de Marcel Proust
La Princesse de Clèves de Madame de La Fayette
V. de Thomas Pynchon
La Vie devant soi de Romain Gary

PAS LUS MAIS VUS
Anna Karénine de Léon Tolstoi
Au-dessous du volcan de Malcolm Lowry
L’Étrange cas du docteur Jekyll et de Mr Hyde de Robert Louis Stevenson
Sous le soleil de Satan de Georges Bernanos
Le Tambour de Günter Grass
Voyage au centre de la Terre de Jules Verne
Les misérables de Victor Hugo
Les Voyages de Gulliver de Jonathan Swift

PAS LUS
Don Quichotte de Cervantès
Lolita de Vladimir Nabokov
Moby Dick de Herman Melville
Illusions perdues de Honoré de Balzac

La liste complète et détaillée sur le site du Magazine des livres

A télécharger la liste des 100 livres en pdf, si vous souhaitez faire le test, et pourquoi pas le publier sur votre blog

J’ai un problème…

Posté le 7 septembre 2009 
Catégorie littérature française | 8 commentaires

Je ne lis jamais les quatrièmes de couverture. Elles offrent généralement une vision complètement déformée du livre qu’elles défendent. Le problème avec Jane est une exception : non seulement je l’ai lue, mais c’est même ce qui m’a décidé à acheter le livre. Extrait : « A travers ce thriller psychologique, dans un style simple et tendu, c’est une radiographie des rapports amoureux et sociaux dans l’Amérique contemporaine que nous propose Catherine Cusset ». Évidemment, j’ai été emballée. Les auteurs français qui s’essaient à ce type de sujet ne sont pas nombreux.

Il faut rendre à Catherine Cusset ce qui lui appartient : l’idée qui préside au livre est géniale. Jane, professeur de français dans une université américaine, reçoit à son domicile un manuscrit anonyme, intitulé « Le problème avec Jane ». En parcourant rapidement les premières pages, elle réalise que le manuscrit expose sa vie professionnelle et privée jusque dans les moindres détails. Déstabilisée mais confiante, elle se plonge dans sa lecture afin de découvrir qui est celui ou celle, parmi ses proches, qui l’a trahie.

Si on est immédiatement piqué par le concept de récit dans le récit, le livre ne dépasse pas le stade de la bonne idée. Il semble même emblématique de ces romans dont l’idée de départ est tellement maline qu’elle empêcher l’auteur d’aller au bout… de son idée, justement. N’empêche, ici, on parlera d’occasion manquée. Car ce qu’on lit n’est pas un manuscrit qui tente de piéger une narratrice mais un livre racontant les aventures sentimentales d’une professeur d’université. De tension psychologique et de thriller, il n’y en a pas. Et pour la radiographie des rapports amoureux et sociaux, il faudra repasser. Les amours de Jane sont convenues et banales : les histoires ratées, l’inévitable aventure avec un professeur plus âgé et marié, le mariage avec l’homme de sa vie… Tous ceux qui ont compté dans son existence sont tour à tour - un peu répétitivement et artificiellement - soupçonnés dans un chapitre, puis blanchis dans le suivant.
La surprise étant que l’auteur ne consacre finalement que quelques lignes à l’enquête proprement dite. Sans compter que, au fil des pages, une si grande accumulation de détails sur la vie de quelqu’un semble de plus en plus improbable - à moins de s’appeler 007 et de disposer de la panoplie complète du parfait espion.

Las, quand arrive la solution, on ne comprend pas pourquoi l’auteur du manuscrit a voulu piéger Jane, ni comment il s’y est pris. Dommage, car il y a de bonnes choses dans ce roman, l’écriture de Catherine Cusset d’abord, puis sa description des rivalités au sein des prestigieuses universités américaines.

Le problème avec JaneLe problème avec Jane
de Catherine Cusset
Folio, 458 pages
★★½☆☆

Beauvoir, l’amant américain

Posté le 31 août 2009 
Catégorie littérature française | 6 commentaires

Nelson AlgrenDans Lettres à Nelson Algren, Simone de Beauvoir dévoile une personnalité passionnée et pleine d’humour. A des années lumières de l’image austère de la figure emblématique du féminisme. C’est en 1947, alors qu’elle effectue un voyage aux Etats-Unis, qu’elle rencontre Nelson Algren. Le coup de foudre entre l’écrivain des bas-fonds de Chicago et l’alter ego de Sartre est immédiat.

De retour à Paris, elle entame une correspondance avec celui qu’elle surnomme « mon crocodile », qui va durer jusqu’en 1964.

A ce petit jeu, Simone de Beauvoir se révèle la plus prolixe : elle écrit pas moins de 300 lettres, dont 58 pour la seule année 1947. Des missives parfois très longues - elle prend la plume presque tous les jours - dans lesquelles elle raconte à Algren sa vie à Paris. Car les deux écrivains ont beau avoir vécu intensément leur rencontre, ils ne se connaissent pas. Algren n’a même aucune idée du milieu intellectuel et politique dans lequel Simone de Beauvoir évolue. Alors, elle lui raconte l’intelligentsia française (une incongruité pour un américain), l’occupation allemande, l’atmosphère du Paris d’après-guerre, les caves de Jazz de Saint-Germain-des-Prés… Elle explique également la nature de son engagement politique et surtout sa relation avec Sartre. Même si le lien qui les unit est désormais purement intellectuel, Sartre et Beauvoir se sont jurés d’être toujours présents l’un pour l’autre - c’est le fameux pacte qu’ils ont passé ensemble. De sorte qu’elle fait rapidement savoir à Algren qu’ils ne vivront jamais ensemble. Et si on a effectivement du mal à imaginer Simone de Beauvoir quittant l’effervescence intellectuelle parisienne pour aller vivre à Chicago, il n’empêche qu’on se pose des questions. Ses lettres sont celles d’une femme éperdument amoureuse, qui n’a qu’une idée en tête, revoir l’homme qu’elle aime. Leurs visites réciproques sont rares - une à deux fois par an - pendant lesquelles ils effectuent de longs voyages en Amérique du Sud ou en Europe (Algren viendra à deux reprises sur le vieux continent).
Inévitablement, cette histoire d’amour transatlantique va progressivement s’étioler. A partir de 1951, quelque chose semble s’être brisé entre les deux amants. Leurs échanges épistolaires se poursuivent jusqu’en 1964, et les lettres confirment ce que le lecteur avait déjà deviné : leur relation passionnée est la plus belle histoire qu’ils aient jamais vécue.

A savoir : en 1986, selon ses propres volontés, Simone de Beauvoir est inhumée aux côtés de Jean-Paul Sartre avec la bague offerte par Nelson Algren.

Crédit photo : Edward S Kitch/AP

Du même auteur : Les mandarins, lire l’article L’année du Castor

couvLettres à Nelson Algren
Un amour transatlantique 1947-1964
de Simone de Beauvoir
Lettres traduites de l’anglais par Sylvie Le Bon de Beauvoir
Folio, 911 pages

★★★½☆

Mad Men saison 2

Posté le 2 août 2009 
Catégorie séries | 4 commentaires

Mad Men saison 2Si vous avez lu mon billet sur la saison 1, vous savez que Mad Men est ma série préférée. La saison 2 s’est révélée tout aussi enthousiasmante que la première. Pas de déception, ni de lassitude, les scénaristes ont tenu bon la barre malgré une certaine lenteur dans les premiers épisodes - à la fois la marque de fabrique et le défaut récurrent de la série. La diffusion de la saison 3 démarre dans deux semaines, sur la chaine américaine AMC. Le moment de faire un point sur ce qu’on peut attendre de cette nouvelle saison.
Lire ce billet avec précaution si vous n’avez pas encore vu la saison 2 (spoiler inside).

Les personnages à suivre
Assistera t-on à la chute de Don Draper ? Voilà la question qu’on ne peut s’empêcher de poser tant cette seconde saison a mis en avant un homme incapable de maîtriser son destin - un individu « observateur de sa propre vie » bien plus qu’acteur. Flamboyant dans sa vie professionnelle, Don Draper (magnifique Jon Hamm) est un homme rongé par le doute en privé, et ses secrets sont de plus en plus lourds à porter. Ses relations avec les femmes en sont l’exemple parfait. Alors qu’on le croyait séducteur et volage, c’est en fait un homme faible, incapable de se refuser à une femme qui s’offre à lui - et elles sont nombreuses. La saison 2 restera comme celle où Don est parti en vrille. En voyage d’affaires avec Pete Campbell à Palm Springs, il plante son partenaire sur un coup de tête. Pourquoi la Californie ? Tout simplement parce que c’est là que réside la « vraie » madame Draper. Pas Betty, non, mais la femme du soldat Draper, à qui il a usurpé son identité. Le passé de Don recèle-il d’autres surprises ou bien va t-il lui exploser en pleine figure dans la saison 3 ?

Avec Don Draper, Peggy Olson (Elisabeth Moss) est le personnage le plus intéressant de Mad Men. Dans la saison 2, elle intègre l’équipe des créatifs et obtient finalement son propre bureau. Il ne lui reste plus qu’à soigner son look pour devenir une Mad (Wo)Men à part entière. Voilà un personnage pour le moins fascinant, qui a commencé la série comme une victime, et qui est désormais la seule à incarner vraiment son époque. Une femme indépendante et volontaire, que ce soit au sein de l’agence ou dans sa vie intime. Elle est en cela bien différente de la pulpeuse Joan Holloway, qui possède, elle, tous les attributs extérieurs d’indépendance, mais demeure soumise aux diktats professionnels et sexuels des hommes.
A l’inverse de Don, le passé de Peggy est connu du spectateur. Elle l’a d’ailleurs dévoilé à un Pete Campbell abasourdi dans l’épisode final : elle a eu un enfant de lui et elle l’a abandonné. Une révélation qui va un peu plus abattre ce pauvre Pete dont le mariage bat déjà de l’aile.

Pour la très jolie Betty Draper, interprétée par January Jones, la saison 2 marque la fin de l’innocence. Elle découvre la liaison de Don et le met à la porte. Un pas qu’on ne la voyait pas franchir, en toute honnêteté. Sa beauté attire le regard des hommes mais elle ne semble pas prête à tromper Don, d’autant plus qu’elle est à nouveau enceinte. Sous le masque de la femme au foyer traditionnelle se cache pourtant un personnage plus complexe qu’il n’y paraît. Betty n’est pas une femme heureuse mais elle accepte son sort car elle est sûre d’une chose : Don est l’homme de sa vie. Seule la révélation du passé de Don semble pouvoir mettre en péril leur couple.

L’agence
L’équipe dirigeante de Sterling Cooper est vacillante. Le big boss Bertram Cooper ressemble de plus en plus à un fantôme et on le voit mal franchir le cap de la saison 3. Roger Sterling n’est pas lui non plus en grande forme physique mais la nouvelle femme de sa vie, une secrétaire de 20 ans, devrait lui donner un coup de fouet. En disparaissant pendant plusieurs semaines, Don Draper a quelque peu affaibli sa position au sein de l’agence. Il a raté les négociations sur la restructuration et, s’il est resté dans le coup, c’est uniquement grâce au soutien inattendu de Pete Campbell. En fin limier, ce dernier a compris que les meilleurs ennemis sont ceux dont on connaît les faiblesses. Malgré tout, il reste aux abois. Il connaît le secret de Don et s’en servira à nouveau contre lui dès qu’une opportunité se présentera.

Le cadre historique
Le staff de Sterling Cooper a été bouleversé par l’approche imminente de la troisième guerre mondiale au moment de la crise cubaine. Créatifs, secrétaires ou comptables, tous étaient rivés au poste de radio - unique source d’information en temps réel de l’époque. On a quitté les Mad Men en octobre 61. Quelle sera la toile de fond de la saison 3 ? Un bond dans le temps est-il possible ? L’année 1963, riche en événements politiques (assassinat de Kennedy, marche pour les droits civiques), serait un vrai bonus pour la série…

Mad Men
saison 2
de Matthew Weiner
avec Jon Hamm, Elisabeth Moss, January Jones, John Slattery…

 A voir : en attendant la saison 3, créer votre propre mad men sur le site de la chaine AMC.

T’as quoi dans ton sac ?

Posté le 20 juillet 2009 
Catégorie perso | 7 commentaires

A bigger SplashPour dix jours de vacances, j’emporte uniquement des auteurs français : le premier roman de Myriam Chirousse, Miel et Vin, qui vient de paraître chez Buchet-Chastel, Le problème avec Jane de Catherine Cusset (car je n’ai lu que des bonnes choses sur ce thriller psychologique), un roman de Philippe Djian et un recueil de nouvelles de Marcus Malte. Sur mon Ipod, Lily Allen - c’est de la variété mais j’aime bien l’énergie de cette fille - Blur, Jarvis Cocker, Gossip. Et pour les DVD, la saison 1 de Twin Peaks que je viens à peine d’entamer… Vous savez tout !

Bureau d’écrivain #3 : Jane Austen

Posté le 16 juillet 2009 
Catégorie bureaux d'écrivains | 16 commentaires

Voici la table en noyer à douze coins qui se trouvait à Chawton Cottage (Hampshire) et sur laquelle Jane Austen a écrit un grand nombre de romans. Une table si petite que l’on se dit que le vrai talent ne s’encombre pas d’artifices !

Dans cette maisonnée remplie de femmes, Jane n’avait pas de bureau. Elle s’était donc installée sur cette table près de la porte d’entrée. C’est là qu’ont été révisés les manuscrits de Raisons et Sentiments et de Orgueil et Préjugés, commencés bien des années plus tôt. Là également qu’elle a rédigé Mansfield Park, Emma et Persuasion. La plume en ivoire sur le bureau, c’est la sienne. Comme le montre la photo, elle écrivait sur de petites feuilles de papier, qu’elle pouvait aisément plier en quatre, si besoin était.

Une belle leçon de modestie, surtout quand on voit tout l’attirail informatique dont on se sert aujourd’hui…

jane_austen.jpg

Crédit photo : Eamonn McCabe

La Route, au cinéma

Posté le 15 juillet 2009 
Catégorie films & adaptations | 3 commentaires

La Route, au cinéma donc. Pour le meilleur, mais surtout pour le pire. Car s’il existe un livre qui semble impossible à adapter sur le grand écran, c’est bien le roman de Cormac McCarthy, à l’inverse de ses précédents écrits (No Country for Old Men, par exemple) : seulement deux personnages, peu de dialogues et une route pour unique décor. Une trame simple qui ne peut être servie que par des images sobres et beaucoup de retenue. Au vu de la bande-annonce, tous nos doutes sont confirmés. En écho à la sobriété de l’écriture de McCarthy, les studios hollywoodiens ont répondu avec un énième film catastrophe sur l’apocalypse nucléaire - avec de bons acteurs, certes (Viggo Mortensen, Guy Pearce, Robert Duvall). Mais pour ceux qui ont lu le livre, il faudra faire des efforts. Pour preuve, Charlize Theron, dans le rôle de la mère - alors que cette dernière n’est pas vraiment présente dans le roman.

On aurait rêvé d’un réalisateur plus aguerri que ce John Hillcoat inconnu au bataillon, (au hasard, Gus Van Sant), pour mettre en images l’un des meilleurs livres de ces dernières années. Et surtout plus de finesse et de subtilité.

Sortie prévue aux Etats-Unis le 16 octobre 2009. Pas de date fixée pour la France pour le moment.

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